Intelligence artificielle : "Il est relativement facile d’imaginer quels métiers vont disparaître, beaucoup plus difficile d’imaginer ceux qui vont apparaître, parce que c’est le futur", analyse Yann Le Cun, fondateur de la start-up Ami Labs. En semaine - Présenté par Léa Salamé - Rédacteurs en chef Hugo Plagnard, Julien Duperray - Rédacteurs en chef adjoints Frédéric Boisset, Anne-Charlotte Hinet, Sébastien Renout Le week-end - Présenté par Laurent Delahousse - Rédacteurs en chef Elsa Pallot - Rédacteurs en chef adjoints Arnaud Comte, Margaux Manière, Julien Gasparutto Le chercheur en intelligence artificielle Yann Le Cun était l’invité du journal de 20 h. Prix Turing et ancien chef de l’IA chez Meta, il a travaillé pendant 13 ans aux côtés de Mark Zuckerberg. Il a récemment fondé la start-up Ami Labs, dont le siège est à Paris, et revient sur les enjeux de la révolution de l’intelligence artificielle. Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité. Léa Salamé : Il a remporté le prix Turing, le "Nobel de l’informatique". Il a été le chef de l’IA chez Meta, maison-mère de Facebook et d’Instagram, où il a travaillé pendant 13 ans aux côtés de Mark Zuckerberg. Aujourd’hui, il a fondé sa propre start-up, Ami Labs, dont le siège social est à Paris. Vous vivez aux États-Unis. D’abord, je voudrais vous demander de rassurer ceux qui pensent que l’intelligence artificielle va coloniser nos cerveaux, va prendre le travail des ouvriers, comme le suggère le reportage que nous venons de voir. Que leur dites-vous ce soir ? Les rassurez-vous ou leur dites-vous : "oui, cela va être ainsi, et ainsi va la vie, ainsi va le monde" ? Yann Le Cun : Il n’y a pas de doute que ce genre de technologie change la nature des métiers. Les métiers évoluent, les tâches que l’on accomplit au quotidien changent. La plupart des systèmes d’IA, à l’heure actuelle, ne peuvent automatiser que certaines tâches exécutées par les travailleurs. On ne peut pas remplacer les humains, et de toute façon le but n’est jamais de les remplacer complètement. En revanche, cela crée aussi de nouveaux métiers. Qui aurait pu penser, par exemple, il y a vingt ans, avant l’apparition des smartphones, que l’un des métiers les plus en vue serait celui de développeur d’applications mobiles ou de travailleur pour une entreprise reposant sur la technologie ? Donc il y aura des métiers qui vont disparaître, mais aussi des nouveaux métiers que nous ne connaissons pas encore qui vont apparaître, c’est bien cela ? Le problème qui génère un peu d’anxiété, c’est qu’il est relativement facile d’imaginer quels métiers vont disparaître, mais beaucoup plus difficile d’imaginer ceux qui vont apparaître, puisque, par définition, ils appartiennent au futur. Sébastien Lecornu a annoncé ce matin que le gouvernement allait investir 600 millions d’euros supplémentaires dans le développement de l’intelligence artificielle. Mais n’est-ce qu’une goutte d’eau ? La France et l’Europe ont-elles définitivement perdu la course à la grande révolution de l’IA, ou peut-on encore concurrencer les États-Unis et la Chine, ou est-ce déjà trop tard ? Alors, sur cette annonce, que je comprends, il s’agit en réalité d’un budget destiné à inciter l’administration française à utiliser l’IA, à former les fonctionnaires, etc. Très bien. Mais ce n’est pas une somme qui permettra de rattraper le retard technologique vis-à-vis des États-Unis ou de la Ch
Intelligence artificielle : "Il est relativement facile d’imaginer quels métiers vont disparaître, beaucoup plus difficile d’imaginer ceux qui vont apparaître, parce que c’est le futur", analyse Yann Le Cun, fondateur de la start-up Ami Labs.
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Source originale : franceinfo.fr
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