L'ÉCHO DU MATIN
europe

Tensions Trump-Meloni : le président américain enfonce le clou, Rome en colère

Une querelle diplomatique a éclaté ce week-end entre Washington et Rome, opposant le président américain Donald Trump à la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Les échanges tendus ont mis en lumière des divergences profondes, allant d'une controverse sur une demande de photo présumée à des désaccords stratégiques majeurs concernant la politique étrangère. Cette escalade verbale met en lumière des tensions croissantes au sein des alliances transatlantiques.

Au cœur de l'altercation initiale, les affirmations répétées de Donald Trump selon lesquelles Madame Meloni aurait insisté pour être photographiée à ses côtés lors d'un précédent sommet du G7 en France. Le président américain a réitéré ces allégations samedi sur sa plateforme Truth Social, affirmant que la cheffe du gouvernement italien l'avait "demandé, encore et encore". Il avait déjà affirmé, plus tôt dans la semaine lors d'une interview télévisée, qu'elle l'avait "supplié". En réponse, Giorgia Meloni a exprimé sa "consternation" vendredi sur X, qualifiant ces déclarations de "totalement inventées" et s'interrogeant sur le comportement d'un président américain envers ses alliés. Elle a ensuite qualifié les "attaques constantes et injustifiées" de Trump à son égard d'"insensées" samedi.

La dispute s'est rapidement élargie à des questions de fond. Donald Trump a également lié ces critiques à une prétendue baisse de popularité de Madame Meloni en Italie, suggérant qu'elle aurait "tourné le dos aux États-Unis", un pays qui, selon lui, "aime et protège vraiment l'Italie". Il a surtout pointé du doigt ce qu'il perçoit comme un manque de soutien italien, et plus largement des membres de l'OTAN, dans la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël en Iran. Le président a mentionné explicitement le refus italien, fin mars, d'autoriser des avions de combat américains engagés au Moyen-Orient à utiliser des bases en Sicile, un "désagrément important" selon lui. Ce point de friction avait déjà été soulevé par Trump en avril, qui s'était dit "sous le choc" de ce manque de "courage".

La Première ministre italienne n'a pas tardé à répliquer sur Instagram, affirmant que sa popularité ne dépendait "certainement pas" de son amitié avec l'ancien président. Elle a également réitéré son incompréhension face à la conduite du président américain envers des alliés. Dans son dernier message, Donald Trump a adopté un ton définitif, déclarant que "maintenant que les États-Unis ont vaincu l'Iran militairement, elle veut de nouveau être amie afin de voir sa 'côte remonter'. Non merci !!!".

Cette série d'échanges acrimonieux souligne la fragilité des relations entre les deux nations, exacerbée par les déclarations provocatrices de Donald Trump. Cette controverse révèle non seulement des tensions personnelles, mais aussi des divergences géopolitiques profondes qui pourraient avoir des répercussions significatives sur l'alliance transatlantique, d'autant plus si l'ancien président américain retrouvait les rênes du pouvoir.

Source originale : france24.com

← Lire L'Écho du Matin en entier