Le groupe industriel Altrad, acteur majeur dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, fait l'objet d'une enquête judiciaire pour des soupçons de fraude fiscale aggravée et de blanchiment de fraude fiscale aggravée en bande organisée. Le Parquet national financier (PNF) a confirmé lundi 22 juin l'ouverture de cette enquête pénale, qui a déjà conduit à plusieurs perquisitions la semaine dernière dans divers lieux en France, dont le siège social de l'entreprise à Montpellier.
L'enquête, démarrée suite à une plainte de l'administration fiscale déposée à la mi-avril, mobilise une cinquantaine d'enquêteurs. Ces opérations ont permis de recueillir des éléments, mais aucune garde à vue n'a été nécessaire à ce stade. Selon le PNF, les personnes physiques concernées ont été entendues sous le régime de l'audition libre, une procédure qui permet de recueillir des déclarations sans les contraintes d'une privation de liberté.
Le groupe Altrad, spécialisé dans la production et la distribution de matériels pour le bâtiment ainsi que les services à l'industrie, est une entité économique de poids. Il a récemment communiqué un chiffre d'affaires annuel d'environ 6 milliards d'euros et emploie quelque 65 000 salariés à travers le monde. Son président-fondateur, Mohed Altrad, n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP concernant cette affaire.
Mohed Altrad est également une figure connue au-delà du monde industriel, étant le propriétaire et président du club de rugby de Montpellier (MHR), qui se prépare à affronter le Stade Toulousain en finale du Top 14 ce samedi. Son parcours personnel a déjà été marqué par des démêlés judiciaires. En décembre 2022, il avait été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Paris d'un pacte de corruption avec l'ancien patron de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte. Il avait alors écopé d'une peine de 18 mois d'emprisonnement avec sursis et d'une amende de 50 000 euros. Un jugement en appel est attendu pour septembre dans ce dossier.
L'enquête actuelle sur le groupe Altrad s'inscrit donc dans un contexte où son dirigeant est déjà sous le coup de procédures judiciaires. Le PNF poursuit ses investigations pour faire la lumière sur les allégations de malversations financières qui pèsent sur l'entreprise, tandis que l'issue de cette affaire reste incertaine.