L'ÉCHO DU MATIN
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Sur les réseaux sociaux, la débrouille des étudiants face à la canicule révèle l'ampleur de la précarité du logement

Sur les réseaux sociaux, la débrouille des étudiants face à la canicule révèle l'ampleur de la précarité du logement

Sur les réseaux sociaux, la débrouille des étudiants face à la canicule révèle l'ampleur de la précarité du logement Pendant que la France suffoque sous un deuxième épisode de chaleur en quelques semaines, les étudiants se filment dans leurs chambres surchauffées et s'échangent des conseils de survie. Derrière le folklore des réseaux sociaux se cache une réalité plus sèche : celle d'une génération que l'on loge mal. Engloutie dans une vague de chaleur, dans les villes universitaires, une population trinque en silence, en ce mois de juin : les étudiants, souvent coincés dans des studios minuscules sous les toits, là où le thermomètre ne descend plus. Sur TikTok et Instagram, toute une génération s'est transformée en cellule de crise. On y partage la grande débrouille anti-chaleur : la bouteille d'eau congelée posée devant le ventilateur, les taies d'oreiller passées au congélateur, les volets fermés toute la journée, les draps mouillés tendus devant la fenêtre. Des conseils de grand-mère remis au goût du jour, gratuits et sans la moindre climatisation. Certains en font carrément un spectacle. La tendance du moment : se filmer en sueur dans sa chambre minuscule, sur la musique du niveau désert d'un vieux jeu Nintendo, New Super Mario Bros. Wii. D'autres tournent des "room tours", des visites filmées de leur logement, pour montrer à quel point on peut vivre, dormir et réviser dans neuf mètres carrés. Sous les toits parisiens, plusieurs racontent ne pas réussir à faire descendre leur chambre de bonne sous les 35 degrés. L'humour fait passer la pilule, mais il dit aussi quelque chose. Ce "système D" numérique, cette solidarité par la blague et le tutoriel est devenue le dernier recours d'une génération qui ne peut compter que sur elle-même pour ne pas suffoquer. Des studios qui virent à la bouilloire Les jeunes ont statistiquement plus de risques de vivre dans une passoire énergétique, ces logements mal isolés classés F ou G. La raison est mécanique : ils habitent les plus petites surfaces, et 34% des logements de moins de 30 mètres carrés sont des passoires. Selon la Fondation pour le logement des défavorisés, 27% des étudiants vivraient dans un tel logement. Pourquoi ne pas simplement acheter un climatiseur ? Parce qu'une clim bon marché revient à environ 130 euros par mois, une somme impensable pour un budget étudiant. La Fondation rappelle d'ailleurs que la climatisation est une fausse bonne solution, à la fois socialement injuste et écologiquement coûteuse, puisqu'elle réchauffe la ville pour rafraîchir un appartement. Cette chaleur subie n'est pas qu'une question de confort. Une étude américaine menée sur 10 millions d'élèves a montré que plus l'année scolaire est chaude, plus l'apprentissage se dégrade, l'effet étant nettement plus marqué pour les élèves pauvres et issus de minorités. Là où il y a la climatisation, le handicap disparaît presque entièrement. Autrement dit, la chaleur ne fait pas que gêner : elle creuse les inégalités scolaires. On imagine sans peine ce que cela donne pour un étudiant qui prépare ses oraux ou ses concours dans une chambre à 35 degrés, quand son voisin mieux loti révise au frais. En attendant une vraie réponse publique, les bons réflexes restent les mêmes : fuir vers les îlots de fraîcheur que sont les parcs et les bibliothèques municipales, climatisés et gratuits. Et, pour les étudiants, beaucoup de courage pour réviser dans le noir, volets clos. À regarder - La nuit la plus chaude jamais enregistrée à

Source originale : franceinfo.fr

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