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INFO FRANCEINFO. Masculinisme : un rapport du Sénat appelle à "réveiller les consciences" face à la montée du phénomène

Un rapport de la délégation aux droits des femmes du Sénat, dont franceinfo a pu prendre connaissance en avant-première ce mercredi 24 juin, lance une alerte retentissante face à la progression du masculinisme en France. Le document appelle à un "réveil des consciences" face à cette idéologie jugée dangereuse, qui menace directement les droits des femmes et, par extension, les fondements de la démocratie. Fruit de sept mois de travail et de l'audition d'une centaine d'experts, ce rapport transpartisan, rédigé par les sénatrices Béatrice Gosselin (LR), Olivia Richard (Union centriste) et Laurence Rossignol (PS), propose vingt-quatre recommandations concrètes pour endiguer le phénomène.

Les autrices du rapport décrivent le masculinisme non pas comme une simple "tendance" éphémère sur les plateformes en ligne, mais comme un véritable mouvement social et politique. Celui-ci s'attaque frontalement au principe d'égalité, cherche à discréditer la parole féminine et remet en question des droits fondamentaux acquis de haute lutte. Cette misogynie violente et décomplexée représente, selon elles, "un risque réel pour notre démocratie et notre cohésion sociale", visant à démanteler le socle démocratique. L'urgence de la situation est accentuée par la rapidité avec laquelle les jeunes hommes peuvent être exposés à ces contenus, une étude de l'Université de Dublin révélant qu'il ne faut que 26 minutes pour qu'un jeune se voie recommander de tels contenus en ligne.

Face à cette menace, les sénatrices préconisent une approche globale et coordonnée. Elles appellent notamment à l'établissement d'une stratégie interministérielle, pilotée par une structure unique dédiée à l'observation et à la coordination des politiques publiques de prévention et de lutte. L'espace numérique est particulièrement ciblé : le rapport exhorte à "assainir" cet environnement en s'attaquant, au niveau européen, au modèle économique des plateformes. L'une des mesures phares suggérées est la démonétisation des contenus sexistes, misogynes et masculinistes, afin de les priver de revenus publicitaires et de limiter leur diffusion.

Dans la continuité de ces propositions, le rapport réaffirme le soutien à l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de quinze ans, une mesure également portée par le gouvernement. Il suggère par ailleurs la mise en place d'une amende forfaitaire délictuelle pour les outrages sexistes commis en ligne, renforçant l'arsenal juridique. L'éducation est également identifiée comme un pilier essentiel, avec la nécessité de garantir l'effectivité des séances d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) tout au long de la scolarité. Enfin, le rapport plaide pour un soutien financier accru aux associations féministes, actrices clés de cette lutte, et propose de transformer la Journée nationale de lutte contre le sexisme du 25 janvier en une Journée nationale de lutte contre le sexisme et le masculinisme, marquant ainsi l'ampleur du défi à relever.

Source originale : franceinfo.fr

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