Les Gardiens de la Révolution iraniens ont émis, ce jeudi, une sévère mise en garde concernant la navigation dans le détroit d'Ormuz, affirmant que tout navire y transitant sans leur approbation s'exposerait à des "mesures appropriées". Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de ce passage maritime stratégique, essentiel au commerce mondial et dont le contrôle fut de facto exercé par l'Iran durant la guerre. Téhéran envisage désormais d'instaurer des "droits de redevance", une pratique inexistante avant le conflit, suscitant de vives réactions internationales.
Washington a immédiatement réagi par la voix du secrétaire d'État américain, Marco Rubio. Lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama, au Bahreïn, M. Rubio a fermement rejeté l'idée de péages dans le détroit d'Ormuz. Il a souligné que l'acceptation d'une telle mesure pour une voie navigable internationale, même bordant l'espace territorial iranien, pourrait engendrer un "chaos total" et se propager à d'autres passages maritimes cruciaux à travers le monde. Le diplomate américain a néanmoins réitéré la volonté des États-Unis de parvenir à un accord avec l'Iran, mais pas "à n'importe quel prix", assurant que la sécurité des pays du Golfe ne serait pas compromise.
Les Gardiens de la Révolution ont insisté sur le fait que "le seul itinéraire autorisé pour le passage par le détroit d'Ormuz est celui annoncé par la République islamique d'Iran", qualifiant toute traversée non autorisée d'"inacceptable et dangereuse". Cette position contredit celle des États-Unis qui considèrent le détroit comme une voie navigable internationale. Les autorités iraniennes ont également critiqué "l'annonce par certaines autorités d'un nouvel itinéraire maritime", renforçant l'impasse sur l'avenir de ce corridor vital.
Parallèlement à ces développements, la région est secouée par d'autres événements. L'armée israélienne a annoncé le décès du sergent-chef Bassel Suied, 32 ans, chauffeur, lors d'une "activité opérationnelle" dans le sud du Liban, son véhicule s'étant retourné. Ce décès porte à 37 le nombre de soldats israéliens tués dans cette zone depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien en mars, en plus d'un contractuel. Sur le plan diplomatique, Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, a accusé l'OTAN de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" menée contre l'Iran par les États-Unis et Israël, faisant référence aux propos du secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, sur l'implication logistique américaine dans l'opération "Epic Fury".
Ces multiples épisodes soulignent la complexité et la fragilité de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Entre les menaces sur une voie maritime vitale, les tensions militaires régionales et les accusations diplomatiques, l'équilibre de la région demeure précaire.