L'ÉCHO DU MATIN
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Ces supportrices qui n'existent pas : comment l'IA hypersexualise le Mondial 2026

Ces supportrices qui n'existent pas : comment l'IA hypersexualise le Mondial 2026

Alors que le Mondial 2026 bat son plein, une tendance inquiétante émerge sur les réseaux sociaux, jetant une ombre numérique sur l'enthousiasme général. Des vidéos de supportrices à la beauté irréelle, capturées dans les tribunes, inondent les fils d'actualité, accumulant des millions de vues. Pourtant, ces visages lisses et ces silhouettes aguicheuses cachent une réalité bien différente : elles n'existent pas, étant le fruit d'intelligences artificielles sophistiquées.

Ces images, souvent caractérisées par des traits du visage impeccables, des décolletés plongeants et un regard direct vers la caméra, sont devenues omniprésentes. Leur prolifération a été méticuleusement documentée par plusieurs entités de vérification des faits en Europe, notamment l'Observatoire européen des médias numériques (EDMO) et sa branche belge, EDMO BeLux, qui ont confirmé leur nature artificielle ou profondément altérée.

Derrière cette déferlante visuelle se cache un modèle économique bien rodé. Ces faux profils exploitent les programmes de rémunération des plateformes sociales pour monétiser leurs audiences massives. De plus, nombre d'entre eux dirigent les utilisateurs vers des services payants, tels qu'OnlyFans, connu pour ses contenus explicites, ou Fanvue, une plateforme qui s'est largement spécialisée dans la diffusion de femmes générées par IA. Une enquête du média espagnol Maldita, relayée par le fact-checkeur italien facta, a mis en lumière ces pratiques, révélant également la vente de tutoriels et de "packs de prompts" – des ensembles de mots-clés permettant de créer soi-même de tels contenus en quelques clics.

Ce phénomène, bien que particulièrement visible durant le Mondial, n'est pas inédit. Ses origines remontent au 4 mai 2026, lorsqu'une vidéo d'une jeune femme dans les tribunes d'un match de baseball sud-coréen, présentée comme une « Coréenne ordinaire », est devenue virale, atteignant quinze millions de vues. Surnommée la « déesse du baseball coréen », son caractère artificiel a été révélé par The Korea Times, citant des incohérences sur le tableau d'affichage du stade. Rapidement, des applications d'IA grand public ont proposé des tutoriels pour reproduire cet effet de 'caméra qui repère dans la foule', et la tendance a naturellement basculé vers le football dès l'ouverture de la Coupe du monde le 11 juin. Les preuves de manipulation abondent : lors du match Brésil-Maroc du 14 juin, une vidéo montrant un supporter fixant sa voisine a été démasquée par facta en raison d'un chronomètre figé et d'un maillot affichant 'Brailee' au lieu de 'Brazil'. De même, une photo de trois supportrices allemandes, largement partagée durant le match Allemagne-Curaçao, s'est avérée être une altération d'une scène réelle où deux femmes et un homme célébraient un but, l'IA ayant effacé et remplacé des personnes pour créer une image hypersexualisée.

Si la création d

Source originale : franceinfo.fr

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