L'ÉCHO DU MATIN
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Restaurants : quand les clients partent sans régler leur addition

Restaurants : quand les clients partent sans régler leur addition

Le secteur de la restauration fait face à un phénomène persistant et frustrant : celui des clients qui quittent l'établissement sans régler leur addition, une pratique familièrement appelée "resto-basket". Cette forme de fraude, bien que souvent isolée, représente un manque à gagner significatif pour les professionnels et met à l'épreuve leur vigilance, particulièrement durant les périodes de forte affluence où il est difficile de réagir rapidement.

L'établissement parisien "Le Mesturet" a récemment été la cible d'un client indélicat à deux reprises en l'espace de quelques jours. Attablé discrètement, l'homme commandait systématiquement un repas complet – plat, dessert, vin, café – laissant une ardoise d'environ 70 euros avant de disparaître. Les gérants, pris par l'intensité du service, n'ont rien soupçonné. Alain Fontaine, maître restaurateur au Mesturet, souligne que la discrétion de ces fraudeurs, qui se fondent dans la masse, rend leur identification quasi impossible, surtout quand l'établissement sert jusqu'à 120 couverts. Il précise que ces individus profitent souvent du départ de groupes importants pour s'éclipser inaperçus.

Face à la récurrence de ces incidents, certains restaurateurs, excédés, n'hésitent plus à adopter des mesures controversées. C'est le cas du patron d'une enseigne dans les Pyrénées-Atlantiques, qui a choisi de publier le visage d'un homme ayant simulé une pause cigarette sur la terrasse pour s'enfuir sans payer une note de 70 euros. Julien Virga, à la tête de cet établissement, assume pleinement cette démarche, qu'il qualifie de "cri de colère et de ras-le-bol", malgré son caractère illégal en France. Il déplore que cette pratique ne soit pas autorisée comme au Royaume-Uni, où un restaurant a pu diffuser des images de vidéosurveillance de jeunes clients partis sans régler une addition de près de 230 euros, lançant un appel à témoins.

En France, les auteurs de "resto-basket" s'exposent à des sanctions pénales non négligeables, pouvant aller jusqu'à six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende. Pour tenter de se prémunir contre ces fraudes, certains établissements ont commencé à explorer diverses stratégies. Parmi celles-ci figurent l'encaissement de la note dès que le plat principal est servi, ou l'exigence de coordonnées précises lors des réservations, offrant ainsi un moyen de retrouver les clients en cas de problème.

Le "resto-basket" demeure donc un défi constant pour l'industrie de la restauration, forçant les professionnels à naviguer entre l'hospitalité et une vigilance accrue. Si la tentation de dénoncer publiquement les fraudeurs est grande, la légalité encadre strictement ces pratiques. Les restaurateurs continuent de chercher des solutions efficaces pour protéger leur activité sans altérer l'expérience client.

Source originale : franceinfo.fr

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