Un récent reportage de France Télévisions met en lumière un phénomène croissant sur les réseaux sociaux : l'obsession autour du cortisol, présentée comme l'hormone du stress, et le marché florissant de produits prétendument "miracles" destinés à en réduire le taux. Cette tendance inquiétante, souvent associée à des promesses de perte de poids ou de disparition de l'acné, suscite de vifs débats quant à sa véracité scientifique et ses potentielles dérives.
Sur les plateformes numériques, l'approche de l'été semble amplifier l'anxiété liée à la fatigue, au stress et à la sensation de gonflement. Le cortisol est alors désigné comme le coupable idéal. De nombreux internautes, même jeunes et en bonne santé, sont quotidiennement exposés à des contenus alarmants. Un étudiant de 21 ans témoigne ainsi recevoir plusieurs vidéos par jour sur le sujet, avouant commencer à "s'inquiéter un petit peu à propos de [son] cortisol", malgré son mode de vie sain et sportif.
Cette inquiétude est habilement exploitée par des coachs en ligne qui proposent des solutions payantes à des prix exorbitants. L'un d'eux, contacté par les journalistes, n'hésite pas à promettre une aide pour "descendre tous ces taux de cortisol" et faire disparaître la fameuse "cortisol face" – un visage bouffi prétendument lié à l'hormone – grâce à un programme de quatre mois coûtant entre 2 000 et 2 500 euros, incluant alimentation et exercices de respiration.
Cependant, la réalité scientifique est bien plus complexe et nuancée. Marie-Pierre Moisant, chercheuse en neuroendocrinologie et auteure, dénonce ces pratiques comme étant purement marketing. Elle souligne que le cortisol est rarement un danger pour le corps et qu'un stress chronique, même s'il peut parfois augmenter son taux, n'entraîne pas systématiquement un visage lunaire. Les pathologies liées à une surproduction de cortisol sont d'ailleurs extrêmement rares, touchant seulement 1 à 6 personnes sur un million par an.
Malgré ces mises en garde, le commerce autour du cortisol prospère, proposant une multitude de produits à tous les prix. Parmi eux, l'ashwagandha, une racine de ginseng indien vendue comme un complément alimentaire "naturel" à une quinzaine d'euros, est particulièrement populaire. Un test en caméra cachée dans un magasin a montré comment ce produit est conseillé pour réguler le stress. Or, un endocrinologue consulté a révélé que l'ashwagandha est en réalité un "médicament caché" avec des effets secondaires potentiels, incluant des risques de destruction du foie.
En somme, l'engouement autour du cortisol sur les réseaux sociaux alimente un business lucratif basé sur des informations souvent erronées, exploitant la vulnérabilité des individus. Il est primordial de faire preuve de prudence et de se fier aux avis des professionnels de santé plutôt qu'aux promesses séduisantes, mais potentiellement dangereuses, véhiculées sur internet.
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