L'ÉCHO DU MATIN
europe

Royaume-Uni : Nigel Farage démissionne du Parlement, rattrapé par des affaires de dons non déclarés

Royaume-Uni : Nigel Farage démissionne du Parlement, rattrapé par des affaires de dons non déclarés

Le dirigeant du parti Reform UK, Nigel Farage, a annoncé mardi sa démission de son mandat de député britannique, une décision qui intervient alors qu'il est confronté à des allégations de dons non déclarés. L'ancien architecte du Brexit a déclaré son intention de se représenter immédiatement à une élection partielle dans sa circonscription de Clacton-on-Sea, affirmant vouloir que les électeurs soient les "juges de ses actions". Cette manœuvre politique majeure secoue le paysage britannique déjà en pleine recomposition.

Depuis plusieurs semaines, l'homme politique est sous le feu des critiques concernant d'importantes sommes d'argent reçues de la part de riches donateurs, qui n'auraient pas été déclarées avant son élection en juillet 2024. Une enquête est actuellement menée par le comité d'éthique du Parlement britannique, se penchant notamment sur un don de cinq millions de livres sterling (environ 5,7 millions d'euros) qu'il aurait perçu d'un milliardaire des cryptomonnaies, Christopher Harborne, quelques mois avant de se présenter aux législatives.

Dans sa déclaration vidéo, M. Farage, âgé de 62 ans, a réfuté tout acte répréhensible. Il a justifié l'utilisation d'une partie de ces fonds pour assurer sa sécurité, se décrivant comme la personnalité publique "la plus attaquée verbalement et physiquement de l'époque moderne". Il a également accusé les médias et ses adversaires politiques de mener une campagne contre lui. Sa démission a pour effet de suspendre temporairement l'enquête du comité d'éthique, laquelle pourrait cependant reprendre s'il est réélu.

Cette polémique intervient à un moment délicat pour Reform UK, dont l'ascension fulgurante dans les sondages et la victoire aux élections locales de mai semblaient ralentir. Les réactions politiques n'ont pas tardé : le Premier ministre démissionnaire, Keir Starmer, a qualifié l'annonce de Nigel Farage de "manœuvre désespérée". De son côté, un porte-parole d'Andy Burnham, pressenti pour succéder à Starmer, a dénoncé un "coup de communication visant à détourner l'attention d'accusations sérieuses". La cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a quant à elle exhorté M. Farage à "répondre aux questions" plutôt que de provoquer une élection motivée par son "ego".

Élu député de Clacton-on-Sea en juillet 2024 après sept tentatives infructueuses, Nigel Farage avait enfin conquis ce bastion pro-Brexit. La date de la prochaine élection partielle n'est pas encore connue, mais elle représentera un test crucial pour sa crédibilité et l'élan de son parti dans un contexte politique tendu.

Source originale : france24.com

← Lire L'Écho du Matin en entier