L'ÉCHO DU MATIN
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L'Etat de New York met en pause la construction de centres de données, une première aux Etats-Unis

L'État de New York a marqué une première aux États-Unis en instaurant un moratoire d'une année sur la construction de nouveaux centres de données de grande envergure. Cette décision, officialisée le mardi 14 juillet par la gouverneure Kathy Hochul, vise à freiner l'expansion rapide de ces infrastructures jugées gourmandes en ressources et potentiellement coûteuses pour les citoyens.

La gouverneure Hochul a justifié cette mesure par la nécessité de protéger les New-Yorkais. Selon elle, le développement effréné de ces installations, dont la capacité dépasse les 50 mégawatts, menace d'accroître les factures d'eau et d'électricité, d'épuiser les ressources naturelles de l'État et de générer une incertitude économique. Ce répit d'un an doit permettre aux autorités de l'État de mieux encadrer un secteur en pleine croissance, notamment sous l'impulsion de l'intelligence artificielle.

Les détracteurs des "data centers" pointent du doigt leur consommation énergétique colossale et l'utilisation massive d'eau pour le refroidissement, sans oublier les nuisances sonores et le nombre limité d'emplois qu'ils génèrent. Une étude récente d'Allianz Trade, publiée fin juin, met en lumière l'impact environnemental majeur de ces infrastructures, estimant leurs émissions de CO2 à 286 millions de tonnes en 2025, avec une projection à 643 millions de tonnes d'ici 2030. Près de 70% de ces émissions mondiales sont concentrées aux États-Unis et en Chine. À l'inverse, les partisans de ces projets arguent que bloquer leur développement nuirait à l'emploi et laisserait un avantage compétitif à la Chine dans la course à l'IA, un secteur qui attire des dizaines de milliards de dollars d'investissements aux États-Unis.

Bien que de nombreuses villes et comtés américains aient déjà imposé des restrictions locales, la démarche de l'État de New York est inédite à l'échelle d'un État. Elle contraste notamment avec la situation dans le Maine, où un moratoire similaire adopté en avril a été finalement bloqué par la gouverneure Janet Mills. Cette dernière avait justifié sa décision par la nécessité de ne pas entraver la construction d'un centre de données essentiel à la revitalisation économique d'une ville touchée par une fermeture d'usine.

En agissant de la sorte, l'État de New York entend se positionner en pionnier face aux défis posés par l'expansion technologique. Le moratoire en vigueur pour les douze prochains mois offre une opportunité de créer un cadre réglementaire adapté, conciliant innovation et protection des ressources et des intérêts des résidents. Cette initiative devrait relancer le débat national sur la manière d'équilibrer le développement du secteur technologique avec les impératifs environnementaux et sociaux.

Source originale : franceinfo.fr

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