Les Gardiens de la révolution iraniens ont intensifié la rhétorique face à Washington, annonçant ce mercredi que le détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale, resterait inaccessible tant que les "agressions" américaines persisteraient. Cette déclaration intervient alors que la tension monte d'un cran, suite au rétablissement par les États-Unis d'un blocus maritime ciblant les ports de la République islamique.
La décision américaine de réinstaurer le blocus sur les installations portuaires et les zones côtières iraniennes, levé en juin et appliqué de nouveau mardi soir, a provoqué une réaction virulente de Téhéran. Le corps d'élite iranien a non seulement menacé de maintenir la fermeture du détroit d'Ormuz, passage incontournable pour une part significative du pétrole mondial, mais a également averti qu'il pourrait bloquer d'autres "couloirs d'exportation" bénéficiant aux États-Unis et à leurs alliés. Dans un communiqué relayé par les médias officiels, les Gardiens ont formulé un ultimatum : "Les exportations énergétiques de la région sont soit partagées par tous, soit refusées à tous".
Des analystes suggèrent que cette menace d'extension pourrait se concrétiser par la fermeture du détroit de Bab el Mandeb, à l'embouchure de la mer Rouge. L'Iran pourrait s'appuyer sur ses alliés houthis au Yémen pour réaliser une telle manœuvre. Lundi, un haut responsable de cette milice, cité par la chaîne iranienne Press TV, a d'ailleurs affirmé leur capacité à interdire le passage dans ce détroit si les attaques de l'Arabie saoudite contre le Yémen devaient se poursuivre, ajoutant une couche de complexité à la situation régionale.
Parallèlement à ces avertissements, le corps d'élite iranien a revendiqué des actions de représailles contre de nouvelles frappes américaines. Selon Téhéran, des installations appartenant à la 5e Flotte américaine basée à Bahreïn, ainsi que des cibles au Koweït et en Jordanie, auraient été visées. De son côté, l'armée américaine a confirmé la poursuite de ses bombardements, expliquant que ces opérations visaient à "détériorer les capacités de l'Iran à attaquer le trafic maritime commercial dans le détroit d'Ormuz", soulignant une spirale d'escalade militaire.
Le président américain, Donald Trump, a réagi avec fermeté lors d'une interview sur Fox News, avertissant : "Je réserve les cibles énergétiques pour la fin, mais nous finirons par les frapper." Il a ajouté que "la semaine prochaine, ce sera les centrales électriques, les ponts", à moins que l'Iran ne revienne à la table des négociations. Cette escalade verbale et militaire souligne la gravité de la confrontation entre Washington et Téhéran, faisant peser une menace sans précédent sur la stabilité du Moyen-Orient et sur les voies d'approvisionnement énergétique mondiales.
