L'Union européenne a imposé cette semaine de nouvelles mesures drastiques à Google, exigeant du géant technologique américain qu'il partage ses données de recherche et qu'il ouvre son système d'exploitation Android aux intelligences artificielles concurrentes. Cette décision, annoncée jeudi par la Commission européenne, a immédiatement suscité la vive opposition de Google, qui dénonce des risques majeurs pour la sécurité et la vie privée des utilisateurs.
Dans le détail, Bruxelles demande à Google de mettre en œuvre deux changements majeurs. D'une part, le groupe est sommé de partager, de manière encadrée, les informations collectées par son moteur de recherche Google Search avec les services de recherche rivaux. Cette exigence, qui avait été anticipée dès avril, vise à stimuler la concurrence sur le marché des services de recherche en ligne. La Commission assure que ces données seront entièrement anonymisées pour préserver la confidentialité des internautes, et que les concurrents devront rémunérer Google pour leur utilisation.
D'autre part, l'UE ordonne à Google d'accorder aux assistants d'intelligence artificielle développés par des entreprises tierces un accès aux fonctions essentielles d'Android. L'objectif est de placer ces services sur un pied d'égalité avec les propres offres de Google, telles que Gemini. Concrètement, les millions d'utilisateurs de téléphones et tablettes Android pourront choisir l'IA de leur préférence via une simple commande vocale, et l'employer pour des tâches variées comme des réservations ou l'obtention d'informations contextuelles. Google dispose d'un an pour se conformer à ces nouvelles directives.
La réaction de Google ne s'est pas fait attendre. Kent Walker, président des affaires mondiales de l'entreprise, a vivement critiqué ces décisions, les qualifiant de menaces pour les "garde-fous essentiels en matière de vie privée et de sécurité pour des millions d'Européens". Il reproche à la Commission d'avoir "ignoré de nombreuses preuves d'un préjudice pour les utilisateurs". Concernant Android, M. Walker a spécifiquement averti que cette injonction "menace la sécurité des appareils" en octroyant des "autorisations sensibles et puissantes" à des applications externes sans les garanties de validation habituellement assurées par les fabricants de téléphones.
Face à ces préoccupations, Bruxelles affirme avoir tenu compte des craintes exprimées. L'Union européenne exige de Google qu'il s'assure que les services concurrents bénéficiant de ces dispositions ne posent aucun problème de sécurité. Cette confrontation réglementaire souligne la détermination de l'UE à réguler les géants du numérique et à promouvoir un environnement plus concurrentiel, malgré les inquiétudes soulevées par les acteurs dominants du secteur.