Le conflit entre les États-Unis et l'Iran connaît une intensification notable, marquée par une nouvelle série de frappes américaines ce vendredi 17 juillet, ciblant des infrastructures militaires iraniennes. Ces opérations surviennent alors que Téhéran a riposté en visant des pays du Golfe, alliés de Washington, entraînant des dégâts sur des infrastructures civiles des deux côtés et faisant craindre une escalade incontrôlable.
Pour le sixième jour consécutif, l'armée américaine a mené des bombardements. Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir attaqué "des dizaines de cibles militaires iraniennes", incluant des sites de surveillance côtière, des systèmes de défense aérienne, des installations logistiques et maritimes. Ces frappes, débutées à 19h GMT, s'inscrivent dans une stratégie ordonnée par le président Donald Trump visant à affaiblir les capacités militaires iraniennes. Selon l'agence officielle iranienne Irna, ces opérations ont causé la mort de huit personnes et blessé vingt autres.
En réponse, l'Iran a ciblé plusieurs pays du Golfe. Les autorités iraniennes avaient déjà signalé des dommages sur leur réseau électrique dans le sud du pays, ainsi que des bombardements ayant affecté des ponts, un port, un aéroport, des infrastructures de télécommunications et une gare. En parallèle, le Koweït a rapporté qu'une centrale électrique et de dessalement d'eau avait été touchée par une attaque iranienne, appelant ses citoyens à réduire leur consommation d'électricité face à des températures avoisinant les 48°C. Le Qatar a également été visé, avec la base américaine d'Al-Udeid touchée, et un enfant blessé par des débris. Les forces armées koweïtiennes, jordaniennes, bahreïnies et qataries ont toutes fait état d'attaques aériennes à l'aube.
L'escalade verbale accompagne les actions militaires. Le président américain Donald Trump avait précédemment menacé de frapper des ponts et des centrales électriques iraniens si les négociations n'étaient pas reprises. En retour, un porte-parole de l'armée iranienne a averti que si les infrastructures de la République islamique étaient attaquées, toutes les infrastructures régionales deviendraient des cibles légitimes pour l'Iran. Les Gardiens de la Révolution, quant à eux, ont déclaré que leurs frappes se poursuivraient jusqu'au retour du calme dans le détroit d'Ormuz. David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean Jaurès, observe que "le détroit d'Ormuz est en train de devenir un piège pour les deux belligérants", soulignant un risque croissant de confrontation régionale plus étendue.
La situation actuelle dépeint un cycle dangereux de représailles, où les infrastructures civiles sont de plus en plus prises pour cible, accentuant la pression sur les populations et les économies de la région. L'incertitude plane sur la capacité des acteurs à briser cette spirale d'escalade qui menace la stabilité régionale.