Le Moyen-Orient est de nouveau le théâtre d'une vive escalade des tensions, marquée par la mort d'un militaire américain en Irak et une ferme réaction diplomatique de la Jordanie envers l'Iran. Le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé dimanche le décès d'un soldat survenu la veille dans le nord de l'Irak. Cette tragédie est survenue lors de la destruction contrôlée de munitions non explosées, issues d'un drone d'origine iranienne, un autre militaire ayant été blessé durant l'opération.
Cet incident s'inscrit dans un contexte de représailles américaines intenses. Les États-Unis ont en effet mené une série de frappes en Jordanie, ciblant des sites militaires et des éléments du Corps des Gardiens de la Révolution islamique. Ces actions faisaient suite à la mort de deux de leurs soldats et la disparition d'un troisième en Jordanie vendredi, marquant les premières pertes américaines depuis la reprise des hostilités le 7 juillet. Des restes humains non identifiés ont d'ailleurs été retrouvés dans le royaume hachémite, selon le Centcom.
Face à ces nouvelles frappes et à la recrudescence des agressions, la Jordanie a convoqué le chargé d'affaires de l'ambassade d'Iran. Amman a exprimé sa vive protestation contre ce qu'elle qualifie de "poursuite des agressions iraniennes brutales et injustifiées". De son côté, l'Iran a fait état de frappes sur son propre territoire, visant la ville portuaire de Sirik, dans la province d'Hormozgan, ainsi qu'une centrale nucléaire en construction à Darkhovin. L'Organisation iranienne de l'énergie atomique a confirmé cette dernière attaque, ce qui a poussé le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à appeler à la "retenue militaire à proximité de tous les sites liés au nucléaire", tout en précisant que l'incident à Darkhovin ne présentait pas de risque radiologique immédiat, l'installation étant loin d'être opérationnelle.
La spirale de violence s'étend au-delà de l'Irak et de la Jordanie. L'armée israélienne a annoncé l'interception, en collaboration avec les forces jordaniennes, d'un missile ciblant Aqaba, un port jordanien stratégiquement situé près d'Eilat, en Israël, sur la mer Rouge. Les autorités jordaniennes ont précisé avoir abattu trois missiles iraniens visant leur royaume, un quatrième s'étant écrasé dans une zone désertique. Parallèlement, le Koweït et Bahreïn ont également signalé avoir été la cible d'attaques iraniennes, le Koweït rapportant qu'une centrale électrique et de dessalement d'eau avait été touchée, provoquant un incendie. Dans ce climat de tension, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti que son pays riposterait avec "toutes ses forces" en cas d'attaque, une position réitérée par le chef de l'armée israélienne, bien qu'Israël n'ait pas été directement impliqué dans cette phase des hostilités.
L'ensemble de ces événements dessine un tableau d'une région au bord de l'embrasement. Entre les pertes humaines, les représailles militaires, les convocations diplomatiques et les frappes transfrontalières visant des infrastructures critiques, la stabilité du Moyen-Orient semble plus précaire que jamais. La communauté internationale observe avec une vive inquiétude cette dangereuse escalade.
