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En visite à Alger, le Premier ministre espagnol scelle le réchauffement entre son pays et l'Algérie

En visite à Alger, le Premier ministre espagnol scelle le réchauffement entre son pays et l'Algérie

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, s'est rendu à Alger ce lundi 20 juillet, marquant un réchauffement significatif dans les relations entre l'Espagne et l'Algérie, après une période de froid diplomatique. Accueilli par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, cette visite, la première de M. Sanchez en quatre ans, symbolise un retour à un dialogue constructif et une volonté commune de restaurer la confiance bilatérale.

Lors de sa déclaration à la presse, Pedro Sanchez a souligné l'importance capitale de cette rencontre, affirmant que l'Espagne ne considérait pas l'Algérie uniquement comme un pays voisin, mais également comme un partenaire stratégique. Il a exprimé le désir d'approfondir les liens entre les deux nations, insistant sur la nécessité de renforcer le dialogue politique et de bâtir un partenariat économique mutuellement avantageux. La présence de plusieurs hauts responsables d'entreprises énergétiques espagnoles au sein de sa délégation a mis en lumière l'orientation économique de cette visite. De son côté, le président Tebboune a qualifié les discussions de "fructueuses" et "franches", y voyant un "nouveau souffle" pour les relations bilatérales.

Au cœur des échanges figurait la question énergétique. Le Premier ministre espagnol a rappelé qu'en début d'année 2026, l'Algérie était devenue le principal fournisseur de gaz naturel de l'Espagne, une livraison assurée notamment via le gazoduc MedGaz. Les discussions ont également porté sur les moyens d'encourager les investissements espagnols en Algérie, ainsi que sur la gestion de l'immigration illégale.

La brouille diplomatique antérieure trouvait ses racines dans la question du Sahara occidental, un vaste territoire désertique riche en phosphates et en eaux poissonneuses, ancienne colonie espagnole jusqu'en 1975. En 2022, l'Espagne avait opéré un changement majeur dans sa position historique de neutralité en apportant son soutien au plan marocain d'autonomie pour cette région disputée entre Rabat et le Front Polisario, soutenu par l'Algérie.

Cette modification de cap avait profondément irrité Algiers. En rétorsion, l'Algérie avait suspendu un traité d'amitié conclu en 2002 avec Madrid, restreint les transactions commerciales et gelé certaines opérations bancaires, des mesures aux répercussions économiques notables. L'ambassadeur algérien à Madrid avait également été rappelé. Néanmoins, un dégel commercial progressif a été constaté à partir de 2025, et la présidence algérienne avait annoncé en mars la réactivation du traité d'amitié.

La visite de Pedro Sanchez à Alger confirme donc la restauration complète des relations diplomatiques et économiques entre les deux capitales. Elle marque la clôture d'une période de tension et ouvre la voie à un renforcement du partenariat stratégique, fondé sur des intérêts partagés en matière d'énergie, d'économie et de stabilité régionale. Madrid et Algiers entament ainsi une nouvelle ère de coopération.

Source originale : france24.com

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