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En Hongrie, perquisition du centre de données du parti de Viktor Orban

En Hongrie, perquisition du centre de données du parti de Viktor Orban

Budapest, Hongrie – Une perquisition d'envergure a ciblé mardi le centre de données du Fidesz, le parti de l'ancien Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban. Cette opération, annoncée par la formation politique elle-même via un communiqué diffusé sur Facebook, marque une nouvelle étape dans la confrontation politique tendue qui oppose l'ancienne majorité au nouveau gouvernement du Premier ministre conservateur pro-européen Peter Magyar.

Selon les déclarations du Fidesz, des enquêteurs du parquet se sont présentés sans préavis au site hébergeant les serveurs du parti, avec l'intention affichée de saisir l'intégralité de son système de communication ainsi que ses bases de données. Le parti a vivement réagi, dénonçant une situation où "la tyrannie a atteint un nouveau niveau" et affirmant qu'une telle démarche est sans précédent en Hongrie depuis la fin du communisme en 1990. Cet événement survient quelques mois après la défaite de Viktor Orban aux élections législatives d'avril, mettant fin à seize années de pouvoir.

Le nouveau chef du gouvernement, Peter Magyar, dont le parti Tisza a remporté une majorité des deux tiers au parlement sur la promesse d'un "changement de régime", a déclaré avoir pris connaissance de cette perquisition par le biais du communiqué du Fidesz. Il a ajouté qu'il attendait une déclaration officielle du parquet concernant cette affaire. Depuis son accession au pouvoir, Peter Magyar a entrepris de démanteler le système mis en place par Viktor Orban, qu'il accusait de verrouiller les institutions et d'entretenir une corruption généralisée.

Le gouvernement Magyar a déjà initié plusieurs réformes législatives majeures. Parmi celles-ci figure le vote d'une loi anticorruption et la dissolution du Bureau de protection de la souveraineté, une entité critiquée pour avoir ciblé les voix dissidentes. Le nombre de mandats pour un Premier ministre a également été limité à deux, une mesure qui pourrait empêcher un éventuel retour de Viktor Orban. En outre, une refonte des médias publics a été approuvée, entraînant le retrait temporaire des journaux télévisés et radiophoniques en attendant une nouvelle direction de l'information. La semaine dernière, un amendement constitutionnel a permis d'écarter le président Tamas Sulyok, considéré comme un proche d'Orban, et prévoit de limiter à trois le nombre de mandats pour les députés.

Ces initiatives sont qualifiées d'« autocratiques » par le Fidesz, un reproche souvent adressé à Viktor Orban lui-même lorsqu'il était aux commandes du pays. La perquisition du centre de données du Fidesz s'inscrit donc dans un contexte de profondes transformations politiques et de vives tensions entre l'ancien et le nouveau pouvoir hongrois, illustrant la volonté du gouvernement Magyar de marquer une rupture nette avec l'ère Orban.

Source originale : france24.com

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