Le géographe Frédéric Giraut a récemment exprimé de vives réserves concernant la proposition du candidat « insoumis » à l’éélection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, de redessiner la carte de France en treize nouvelles « écorégions ». Dans une tribune publiée par le quotidien « Le Monde », l'expert en géographie souligne que cette approche s'inscrit dans une tradition de pensée qui, selon lui, présente des lacunes significatives face aux défis contemporains.
La vision défendue par le candidat consisterait à restructurer le territoire national autour de treize zones distinctes, dont la délimitation serait principalement basée sur des critères environnementaux et des héritages culturels perçus. Cependant, Frédéric Giraut met en garde contre une telle démarche, arguant qu'elle tend à privilégier ces données naturelles et ces supposés ancrages culturels au détriment des dynamiques sociales et économiques qui façonnent la France d'aujourd'hui.
Le géographe critique plus spécifiquement ce qu'il identifie comme un « biorégionalisme » sous-jacent à la proposition. Pour Giraut, cette conception a une faiblesse majeure : elle peine à intégrer positivement les questions urbaines et migratoires. En effet, en mettant l'accent sur des frontières naturelles ou des identités locales figées, cette approche aurait du mal à comprendre et à valoriser la complexité des métropoles modernes, qui sont des creusets de diversité et d'échanges constants.
De même, les mouvements de population, qu'ils soient internes ou internationaux, semblent être appréhendés par cette grille de lecture de manière restrictive. Le géographe affirme que le biorégionalisme tend à envisager ces phénomènes migratoires uniquement sous un angle négatif, potentiellement en tant que perturbations d'un équilibre écologique ou culturel préétabli, plutôt que comme des facteurs d'enrichissement et de transformation sociale.
En somme, la réaction de Frédéric Giraut met en lumière un débat fondamental sur la manière d'organiser le territoire. Si la proposition de Jean-Luc Mélenchon vise sans doute à promouvoir une gestion plus écologique et locale, le géographe alerte sur le risque de négliger ou d'interpréter de façon réductrice des réalités essentielles de notre société, telles que le développement urbain et les flux migratoires, qui sont des moteurs incontournables de notre époque.