Le Parlement français a récemment finalisé l'adoption de la loi d'urgence agricole, un texte qui ouvre la voie à la réintroduction, sous certaines conditions dérogatoires, de deux insecticides dont l'usage était précédemment interdit sur le territoire national. Cette mesure suscite des attentes fortes parmi les professionnels du secteur, notamment les producteurs de betteraves sucrières, qui espèrent une mise en œuvre rapide de ces autorisations spéciales. La question de l'échéance à laquelle ces produits pourront être utilisés dans les champs est désormais au centre des préoccupations.
Adoptée après un vote décisif au Sénat mardi, faisant suite à celui de l'Assemblée nationale la veille, cette législation de 67 articles contient une disposition particulièrement observée. Elle concerne la réautorisation dérogatoire de deux insecticides puissants, l'acétamipride et la flupyradifurone, destinés à quatre filières clés : la noisette, la pomme, la cerise et la betterave sucrière. Pour les betteraviers, cette dérogation est cruciale, car elle permettrait l'utilisation de semences enrobées de flupyradifurone. Cet insecticide est jugé indispensable pour lutter contre les pucerons, principaux vecteurs de la jaunisse, une maladie virale dévastatrice capable de compromettre l'intégralité d'une récolte.
Les agriculteurs concernés, qui se sentent désavantagés par rapport à leurs homologues européens n'ayant jamais interdit ces substances, expriment une forte pression pour l'obtention rapide de ces permis. Franck Sander, président de la Confédération générale des betteraviers, a souligné l'urgence de la situation. Il insiste sur la nécessité d'avoir ces autorisations en place dès le mois de février, afin de permettre aux semenciers de préparer les semences traitées à temps pour les semis de betteraves qui débutent fin mars. Pour lui, la célérité de la décision de l'Anses est capitale. Il a par ailleurs rappelé l'enjeu vital de ces produits pour la survie de la filière, arguant que les doses infimes utilisées ne devraient pas justifier un retard dans la validation.
Le processus d'autorisation implique que le ministère de l'Agriculture formule la demande de dérogation, mais c'est l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) qui rendra l'avis final. La loi accorde à cet organisme scientifique un délai de deux mois pour se prononcer. Cependant, cette échéance administrative est susceptible d'être prolongée par un recours juridique. Des députés du groupe La France Insoumise ont en
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