La DJ Barbara Butch a annoncé, par l'intermédiaire de son avocate, Me Audrey Msellati, le dépôt de plusieurs plaintes ce jeudi 23 juillet. Ces actions en justice visent notamment le mouvement La France insoumise (LFI), certains de ses élus et représentants locaux, ainsi que le média d'extrême droite Omerta et l'essayiste Alain Soral. Les chefs d'accusation incluent la provocation publique à la haine et à la violence, les violences aggravées, l'entrave à la liberté de création artistique, le cyberharcèlement aggravé, la diffamation et l'injure publiques aggravées.
Cette initiative judiciaire fait suite à l'interruption du concert de l'artiste à Grenoble, il y a cinq jours. Des militants pro-palestiniens et des membres de La France insoumise avaient mis fin à sa performance après seulement une vingtaine de minutes. Ils reprochaient à Barbara Butch sa participation prévue à un événement en 2025 à la résidence de l'ambassadeur de France en Israël, ainsi que sa signature d'une tribune soutenant la proposition de loi Yadan, qui visait à lutter contre de nouvelles formes d'antisémitisme et a depuis été retirée. La mairie de Grenoble a rapporté des jets de bouteilles en verre et d'autres projectiles visant délibérément la scène lors de l'incident.
L'artiste, âgée de 45 ans, a exprimé son état de choc, déclarant sur BFMTV qu'elle ne s'attendait "pas à une telle violence". En parallèle, le parquet de Grenoble a ouvert dès mardi une enquête pour "délit d'entrave concertée aux libertés", démontrant la gravité des faits. L'avocate de Barbara Butch, Me Audrey Msellati, a souligné que "le débat est une liberté, la violence est une infraction", précisant que tous les chefs de plainte ne s'appliquent pas à l'ensemble des acteurs visés.
L'événement de Grenoble a rapidement suscité de vives réactions politiques, une grande partie de la classe politique accusant LFI d'antisémitisme. Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, a reconnu mercredi sur BFMTV que le tract distribué par des militants Insoumis était "mauvais" et a condamné les insultes et les jets de projectiles, tout en insistant sur l'absence d'antisémitisme dans les rangs de son parti. Quant à Alain Soral, visé par une des plaintes, cet essayiste d'extrême droite, multicondamné en France, avait fui en Suisse en 2019, puis récemment en Russie, après avoir été condamné en mars en Suisse à cinq mois de prison ferme pour des propos antisémites et homophobes.
Ces multiples plaintes marquent une étape importante dans la réponse aux incidents survenus à Grenoble et soulignent la détermination de Barbara Butch à défendre sa liberté de création artistique et à lutter contre la provocation à la haine et la violence. L'affaire promet de se poursuivre sur le terrain judiciaire, mettant en lumière des questions fondamentales sur la liberté d'expression et les limites du débat public.