L'Observatoire des prix des fruits et légumes de Familles Rurales a récemment mis en lumière une augmentation alarmante des tarifs, rendant l'accès à une alimentation saine de plus en plus difficile pour de nombreux ménages. Selon leur rapport, publié ce jeudi 23 juillet, les prix des légumes ont bondi de 10% en seulement un an et ont même plus que doublé au cours de la dernière décennie.
Cette envolée des coûts se traduit concrètement dans le budget des familles. Pour une famille de quatre personnes, se procurer des fruits et légumes en agriculture conventionnelle coûte en moyenne 162 euros par mois. Ce montant grimpe à 265 euros si l'on opte pour des produits biologiques, soit 103 euros supplémentaires, une somme jugée "hors de portée de nombreux budgets" par l'association. Dans le détail, l'étude révèle qu'entre 2025 et 2026, les légumes conventionnels ont vu leurs prix augmenter de 10%, et les légumes bio de 7%. Les fruits, en revanche, affichent une relative stabilité en conventionnel (-0,2%) et même une baisse de 10% pour le bio. Cependant, certaines hausses sont spectaculaires : les courgettes ont grimpé de 32%, les tomates de 31% et les haricots verts de 24%.
Sur une période plus longue, la tendance est encore plus marquante. Depuis 2015, les prix des fruits frais ont progressé de 54% et ceux des légumes frais de 62%, des chiffres bien supérieurs à l'inflation générale qui s'est établie à 21% sur la même période. Familles Rurales souligne que les fruits et légumes sont devenus l'une des catégories alimentaires dont les prix augmentent le plus rapidement, alors même qu'ils sont au cœur des recommandations de santé publique. Cette situation est d'autant plus préoccupante que 55% des Français en milieu rural déclarent devoir renoncer à certains achats alimentaires faute de moyens.
Plusieurs facteurs expliquent cette flambée des prix. Les aléas climatiques sont pointés du doigt, ayant perturbé les productions de pleine terre comme celles sous serre. Les épisodes successifs de fortes pluies, de fraîcheur puis de chaleur ont lourdement impacté les récoltes, notamment de légumes. Seuls l'oignon (-23%) et la pomme de terre (-13%), qui demeure le produit le plus accessible à 1,23 euro le kilo, ont vu leurs prix baisser. Par ailleurs, malgré un léger resserrement de l'écart, les fruits bio restent 61% plus chers que les conventionnels et les légumes bio 67% plus onéreux.
L'association dénonce également les pratiques de la grande distribution. Elle l'accuse de réduire ses marges sur des produits d'appel plus "gourmands" pour les compenser sur le rayon primeur. Un rapport de l'Observatoire de la formation des prix et des marges pour 2024 révèle que le rayon fruits et légumes a généré 200 millions d'euros de bénéfice net après impôts, tandis que le secteur boulangerie-pâtisserie-viennoiserie enregistrait une perte de 65 millions d'euros. Familles Rurales critique cette situation où des produits essentiels à la santé publique deviennent un levier de compensation financière pour d'autres départements.
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