Une récente vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, vient complexifier l'enquête autour des menaces graves proférées à l'encontre de Christophe Rivenq, le maire d'Alès. Des individus se présentant comme membres du groupe criminel marseillais la DZ Mafia y nient catégoriquement toute implication dans les actes d'intimidation visant l'élu. Cette déclaration publique inattendue soulève de nouvelles interrogations sur l'identité réelle des auteurs des menaces, alors même que des éléments initiaux au domicile du maire semblaient pointer vers cette organisation.
La vidéo, apparue mercredi soir, met en scène six hommes masqués, gantés et entièrement vêtus de noir, se tenant debout derrière une table. Celle-ci est recouverte d'un drap affichant les lettres "DZ" et ce qui semble être un drapeau algérien, des symboles directement associés à la DZ Mafia. Ce groupe, dont le nom provient de l'indicatif internet de l'Algérie et dont les chefs identifiés sont d'origine algérienne, est connu pour ses activités criminelles. Au centre de l'écran, l'un des individus lit un message assurant que le groupe n'est "en rien responsable de cet acte criminel méritant d'être condamné de la plus cruelle et stricte des manières."
Ces affirmations interviennent après une série de menaces alarmantes visant Christophe Rivenq, membre du parti Les Républicains. L'édile d'Alès (Gard) a dû être exfiltré de son domicile par le Raid dans la nuit de lundi à mardi. Auparavant, le 16 juillet, il avait reçu une enveloppe contenant deux balles de calibre 9 mm. Son mur d'enceinte avait également été tagué d'inscriptions menaçantes, dont la signature "DZ NG CVN". Cette dernière est interprétée comme "DZ" pour DZ Mafia, "NG" pour Nouvelle Génération, suggérant une possible scission du groupe, et "CVN" pour Cévennes, un quartier d'Alès. Le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), en charge de l'enquête, avait confirmé la présence de "revendications affiliées à la DZ mafia" sur les lieux.
Le Pnaco a indiqué jeudi matin avoir "eu connaissance" de la vidéo de démenti, mais sans pouvoir en confirmer l'authenticité à ce stade. Les investigations se poursuivent activement pour identifier les auteurs des menaces et assurer une réponse pénale à la hauteur de la gravité des faits, a précisé Vanessa Perrée, la procureure anticriminalité organisée. Si le service des Révélateurs de France Télévisions n'a pu fournir de précisions sur l'identité des auteurs de la vidéo, une source proche des dossiers liés à la DZ Mafia affirme à France Télévisions que la vidéo est "authentique" et aurait été réalisée par une nouvelle branche du groupe criminel, basée à Alès. Par ailleurs, une autre vidéo circulant jeudi menacerait de mort ceux qui usurpent l'identité de la DZ Mafia.
Cette situation souligne une problématique déjà identifiée dans le milieu criminel organisé : l'usurpation d'identité. Comme le relevait dès avril le Service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée, une revendication de la DZ Mafia n'est "pas toujours une certitude". L'énigme autour de l'identité des véritables instigateurs des menaces contre le maire d'Alès reste donc entière, compliquée par ce démenti public. Les autorités continuent de travailler pour démêler le vrai du faux et traduire les responsables en justice.
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