L'ÉCHO DU MATIN
Géopolitique

Feu vert américain au nucléaire civil saoudien : une victoire signée MBS ?

Feu vert américain au nucléaire civil saoudien : une victoire signée MBS ?

Washington a officialisé mercredi la conclusion d'un accord majeur avec l'Arabie saoudite concernant le développement d'un programme nucléaire civil. Cette annonce, datée du 22 juillet 2026, marque un tournant diplomatique significatif. Selon diverses sources médiatiques américaines, l'accord dérogerait aux exigences habituelles d'inspections internationales renforcées et n'imposerait pas à Riyad de normaliser ses relations avec Israël, ce qui constitue une victoire notable pour le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume.

Cette démarche est perçue comme un "coup de maître" pour MBS, en particulier au regard des orientations précédentes de l'administration Biden. Washington avait en effet cherché à intégrer tout accord nucléaire dans une stratégie régionale plus vaste, incluant une normalisation des relations avec l'État hébreu. L'accord actuel, dont le texte n'a pas encore été rendu public, mentionne des "garde-fous" contre la prolifération, mais leur nature exacte demeure imprécise.

Le lendemain de l'annonce, Donald Trump a affirmé sur son réseau social que l'accord était "entièrement conditionné" à la ratification des Accords d'Abraham par le royaume, reconnaissant ainsi Israël. Cependant, rien ne permet de confirmer cette condition dans le document non publié, ni que Riyad l'ait acceptée. Bertrand Besancenot, ancien ambassadeur de France en Arabie saoudite, a qualifié cette tentative de "chantage" déjà exercé par le passé, le jugeant sans aucune chance de succès auprès des Saoudiens. Pour Riyad, toute normalisation avec Israël dépend d'un engagement solide et contraignant des Israéliens envers la reconnaissance d'un État palestinien, une position claire et non négociable pour le futur gardien des lieux saints de l'Islam.

Les motivations américaines dans cette affaire semblent également ancrées dans des considérations économiques. L'accord permettra aux entreprises américaines de prendre en charge le développement du nucléaire saoudien, stimulant ainsi les exportations de technologies nucléaires des États-Unis et créant des emplois bien rémunérés sur leur territoire. Une "déclaration commune" sur l'énergie nucléaire civile, ratifiée fin 2025, avait déjà posé les bases légales d'une coopération pluridécennale évaluée à des milliards de dollars.

L'acquisition de technologies nucléaires civiles par l'Arabie saoudite s'inscrit dans une dynamique régionale, rappelant l'accord de coopération nucléaire civile signé en 2009 entre les Émirats arabes unis et les États-Unis, qui a conduit à la mise en service de la centrale de Barakah en 2020. Si Washington assure avoir prévu des mécanismes de non-prolifération, la prudence reste de mise quant aux implications futures de ce programme.

Source originale : france24.com

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