L'ÉCHO DU MATIN
Maghreb

Safi célèbre l’Aïta à l’occasion de la 24e édition de son Festival

La ville de Safi s'anime depuis mercredi soir au rythme de la 24e édition du Festival national de l’Aïta, un événement culturel majeur dédié à la valorisation et à la transmission d'un patrimoine musical emblématique du Maroc. Placé sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ce rendez-vous se prolongera jusqu'au 25 juillet, offrant une programmation riche incluant concerts, hommages, rencontres intellectuelles et ateliers de formation.

La cérémonie d'ouverture a rassemblé une foule d'artistes, d'acteurs culturels et d'amateurs de l'Aïta venus de différentes régions du Royaume. Elle a été marquée par les performances de la jeune artiste Siham Elmesfiouia et du chanteur Ayoub Al Abdi. Un hommage appuyé a également été rendu à plusieurs figures ayant œuvré à la préservation et à la vitalité de cet art populaire, parmi lesquelles Mahjoub Al Fatimi, Saïda Azkida, Mohammed Zouini et Zahra Mournane.

À travers cette manifestation annuelle, les organisateurs aspirent à mettre en lumière l'Aïta comme une expression fondamentale de la diversité culturelle marocaine. Bien plus qu'un simple genre musical, cet art constitue une composante essentielle de la mémoire collective du Royaume, véhiculant à travers le chant, la poésie et la musique des récits liés à l'histoire, à la vie sociale et aux traditions régionales. Asmae Louqmani, directrice régionale de la Culture de Marrakech-Safi, a rappelé à cette occasion que la préservation du patrimoine et de la mémoire nationale représente un axe majeur de la politique culturelle du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, une stratégie pleinement incarnée par ce festival.

Cette 24e édition accorde une importance particulière à la transmission intergénérationnelle. Hassan El Habchi, directeur provincial de la Culture à Safi et Youssoufia, a souligné la présence conjointe de pionniers de l'Aïta, forts d'une longue expérience artistique, et de jeunes talents émergents. Cette approche vise à créer des ponts entre les générations et à assurer la pérennité de cet art profondément ancré dans la culture populaire marocaine.

Après la cérémonie d'ouverture, les festivités se sont poursuivies sur la scène du Karting, où des artistes tels que « Ould 700 », Walid Rahmani et Mehdi Weld Hajib ont offert au public un voyage à travers diverses expressions de ce patrimoine musical, notamment l'Aïta Rahmania, l'Aïta Abdia et l'Aïta Marsaouia. Les différentes écoles de l'Aïta occupent d'ailleurs une place centrale dans la programmation, avec des soirées artistiques réunissant des figures reconnues du genre, ainsi qu'une attention particulière portée aux groupes locaux et aux cheikhs de l'Aïta Hasbaouia, afin de célébrer la richesse de cette tradition musicale.

Au-delà des spectacles, le festival ambitionne de créer un espace de réflexion sur l'avenir de l'Aïta. Plusieurs activités intellectuelles sont au programme, dont un colloque dédié au thème « l’Aïta entre authenticité et renouveau ». Au fil des éditions, la manifestation a connu une évolution significative tant sur le plan de l'organisation que de la programmation, grâce à la mobilisation de ses partenaires institutionnels, culturels et économiques. Le Festival national de l’Aïta de Safi continue ainsi de renforcer sa place comme un pilier essentiel de la sauvegarde et de la promotion du patrimoine culturel marocain.

Source originale : fr.hespress.com

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