Le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, a dévoilé jeudi une nouvelle initiative économique visant à soutenir le secteur de l'hôtellerie et du divertissement, confronté à d'importantes difficultés. Cette annonce, qui marque sa troisième mesure en autant de jours, propose une réduction significative de la taxe professionnelle pour les pubs, discothèques et salles de concert en Angleterre, dans un contexte où ces lieux emblématiques ferment à un rythme alarmant.
La proposition du dirigeant travailliste prévoit une diminution de 20 % de la taxe professionnelle affectant ces établissements. Cette mesure est destinée à apporter un soulagement financier à environ 32 000 entreprises, leur permettant d'économiser près de 1 100 livres sterling (environ 1 300 euros) annuellement. Cependant, les plus grandes salles de concert ne bénéficieront pas de cette aide. Andy Burnham a exprimé sa détermination sur la plateforme X, affirmant qu'il ne resterait pas inactif face à la disparition de ces lieux chers à la population, remplacés par des vitrines fermées et des pancartes "À vendre".
Cette initiative s'inscrit dans une série de décisions rapides prises par le Premier ministre depuis son accession au pouvoir lundi, succédant au démissionnaire Keir Starmer. Ayant promis de "donner de l'air" aux Britanniques et de s'attaquer au coût de la vie, Andy Burnham a fait du pouvoir d'achat une priorité. Ses précédentes annonces incluent la suppression de la TVA sur l'électricité des ménages pour l'hiver prochain et le rétablissement, à partir de janvier, d'un plafond de 2 livres sterling (2,35 euros) pour les tarifs de bus à travers l'Angleterre.
Le secteur des pubs, véritable institution au Royaume-Uni, est en crise, avec une fermeture quotidienne d'un établissement, selon la British Beer and Pub Association. Ces entreprises, comme l'ensemble de l'hôtellerie-restauration, subissent de plein fouet l'augmentation des coûts, notamment énergétiques. Ian Hoskins, propriétaire du Ma Pub Group à Liverpool, a accueilli favorablement la réduction fiscale, mais a tempéré son enthousiasme sur Sky News, la qualifiant de "goutte d'eau dans l'océan". Il a plaidé pour une refonte plus profonde de la taxe professionnelle et une augmentation du pouvoir d'achat des ménages pour stimuler la consommation.
Le gouvernement a précisé que cette mesure, dont le coût annuel est estimé à 100 millions de livres sterling, serait financée par une révision de la fiscalité appliquée aux commerces jugés "ne pas apporter de contribution positive", citant l'exemple des magasins de cigarettes électroniques. L'opposition conservatrice a immédiatement interpellé le Premier ministre, exigeant des éclaircissements sur le financement, d'autant plus que l'entrée en vigueur de la mesure est prévue pour avril 2027. Parallèlement, un groupe de 120 millionnaires britanniques, dont la personnalité médiatique Gary Lineker, a écrit à Andy Burnham pour demander une augmentation de leurs propres impôts, estimant qu'une telle mesure pourrait générer environ 24 milliards de livres sterling pour les finances publiques.
Alors qu'Andy Burnham s'efforce de démontrer son engagement envers l'amélioration économique et le soutien aux citoyens, ses premières mesures sont accueillies avec un mélange d'espoir et de scepticisme. Le chemin vers un redressement durable pour des secteurs clés comme celui des pubs reste semé d'embûches, soulignant l'ampleur des défis économiques et sociaux auxquels le nouveau gouvernement britannique doit faire face.
