L'ÉCHO DU MATIN
Finance

"Il n'y a pas d'argent magique dans les mutuelles", réagit la Mutualité française après les annonces du gouvernement sur les remboursements de soins

"Il n'y a pas d'argent magique dans les mutuelles", réagit la Mutualité française après les annonces du gouvernement sur les remboursements de soins

La Mutualité française a exprimé de vives inquiétudes ce vendredi, suite aux récentes annonces du gouvernement concernant une potentielle refonte des modalités de remboursement des soins de santé. Éric Chenut, président de l'organisation, a fermement mis en garde contre l'idée d'un "argent magique" au sein des mutuelles, suggérant que de telles mesures pourraient inévitablement se traduire par une augmentation des cotisations pour les adhérents. Cette réaction fait suite aux propositions gouvernementales visant à modifier la répartition des charges entre l'Assurance maladie et les complémentaires santé.

Plus tôt dans la journée, la proposition, portée notamment par Stéphanie Rist, évoquait un transfert de responsabilités vers les mutuelles pour des domaines spécifiques. Concrètement, le gouvernement envisage de réduire la part de l'Assurance maladie pour certains postes de dépenses comme les soins dentaires, les transports sanitaires et une catégorie de médicaments jugés "moins efficaces", charge aux complémentaires d'en absorber une part plus importante. La Mutualité française estime que ce déplacement de charges représente un coût additionnel d'environ 1,7 milliard d'euros, s'ajoutant à une hausse déjà constatée de 6% des dépenses des complémentaires santé depuis le début de l'année.

Face à ce constat, Éric Chenut a souligné l'impossibilité pour les organismes mutualistes d'absorber de telles sommes sans ajustement. "On ne peut pas imaginer que des mesures de transferts de cette ampleur-là n'auront aucune conséquence", a-t-il déclaré, laissant entendre que les mutuelles seraient contraintes de "trouver les voies et moyens pour ajuster les cotisations au plus juste". Cette perspective annonce donc une pression accrue sur le budget des ménages français en matière de santé.

Au-delà de l'aspect financier, le président de la Mutualité française a également soulevé des interrogations quant à la clarté et la pédagogie de cette potentielle réforme pour les assurés. Il a exprimé sa perplexité face à la perspective de taux de remboursement par l'Assurance maladie variant de 5%, 15% ou 65%, avec les mutuelles chargées de compléter le reste. Pour Éric Chenut, cette approche envoie "un message qui n'est pas pédagogique" et risque de rendre le système incompréhensible pour les citoyens. Il a également remis en question la logique de rembourser partiellement des médicaments, arguant qu'un médicament est soit utile et doit être intégralement pris en charge, soit il ne l'est pas.

En somme, la Mutualité française réclame une vision réaliste de la gestion des fonds de santé, soulignant que les mutuelles ne disposent pas de ressources illimitées pour compenser les désengagements de l'Assurance maladie. Les annonces gouvernementales ouvrent ainsi un débat sur l'équilibre financier du système de santé français et sur la capacité des ménages à faire face à d'éventuelles augmentations de leurs cotisations de complémentaire santé. La prudence est de mise alors que les discussions sur l'avenir du remboursement des soins s'intensifient.

Source originale : franceinfo.fr

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