L'Unédic, l'organisme qui gère le régime d'assurance chômage en France, a lancé un appel pressant au gouvernement. Ses dirigeants, représentants des partenaires sociaux, ont adressé un courrier au Premier ministre Sébastien Lecornu ce jeudi 23 juillet, alertant sur la détérioration alarmante de la situation financière du régime. Ils y demandent la cessation immédiate des prélèvements de l'État dans les caisses de l'assurance chômage, jugeant cette mesure indispensable pour permettre au système de se désendetter et de maintenir son rôle d'amortisseur économique et social.
Selon les informations disponibles, la dette du régime est principalement attribuée par l'Unédic à la réduction de la compensation par l'État des exonérations de cotisations. Ces prélèvements se sont élevés à 12,05 milliards d'euros depuis 2023. Pire encore, le gouvernement envisagerait une nouvelle ponction de 4,1 milliards d'euros en 2026. Cette perspective est d'autant plus préoccupante que l'Unédic estime qu'après ce prélèvement, le régime enregistrerait un déficit de 2,3 milliards d'euros, marquant ainsi une troisième année consécutive de solde négatif directement imputé à ces décisions étatiques.
Cette situation financière critique "réduit à néant la capacité de désendettement du régime", comme le soulignent les signataires. Elle contraint l'organisme à mettre en œuvre un programme de financement de 10 milliards d'euros dès cette année, dans un contexte de taux d'intérêt déjà élevés. L'endettement net de l'Unédic pourrait ainsi atteindre 61,5 milliards d'euros fin 2026, alors qu'il aurait été de 49,5 milliards d'euros sans les prélèvements de l'État. Les emprunts supplémentaires nécessaires pour faire face à cette charge devraient générer des intérêts estimés à un milliard d'euros entre 2023 et 2027.
Les partenaires sociaux insistent sur l'urgence de la situation. Alors qu'un document de cadrage d'août 2023 prévoyait d'affecter la majeure partie des excédents au désendettement, les prélèvements ont absorbé tous les excédents récents, forçant même une augmentation de la dette en 2026. Ils demandent en conséquence le rétablissement d'une compensation intégrale des exonérations à compter de 2027. Cette mesure est jugée cruciale, d'autant plus que le régime a déjà consenti des efforts significatifs pour réduire ses propres dépenses.
En conclusion, l'Unédic alerte sur la fragilité croissante de l'assurance chômage face aux ponctions étatiques. La pérennité du régime, essentielle pour sa mission d'amortisseur social et économique, dépend selon ses gestionnaires d'une révision rapide de la politique de compensation de l'État, afin de lui permettre de retrouver une trajectoire de désendettement indispensable à sa stabilité future.
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