La journée de samedi a été marquée par une nouvelle vague de violence en Ukraine et en Russie, entraînant la mort d'au moins vingt personnes, d'après les bilans communiqués par les autorités des deux nations. Ces pertes humaines surviennent au lendemain d'un bilan tout aussi lourd de vingt-et-une victimes. Parallèlement à cette escalade militaire, un appel inattendu à la désescalade est venu du Kazakhstan, dont le président a publiquement exhorté Vladimir Poutine à mettre fin au conflit.
Les forces ukrainiennes ont intensifié leurs frappes à longue portée sur le territoire russe. En Sibérie, dans la région de Tioumen, à quelque 1 700 kilomètres à l'est de Moscou, une raffinerie a été la cible d'une attaque, provoquant un incendie. Dans la région voisine de Sverdlovsk, une compétition nationale d'athlétisme à Iekaterinbourg a dû être interrompue en raison d'une menace de drones. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a revendiqué ces opérations, mentionnant également une usine à Kirov, plus à l'ouest, parmi les cibles visées. Sur le front sud, une attaque ukrainienne sur le village de Kyrylivka, dans la partie occupée de la région de Zaporijjia, a causé la mort de douze personnes, dont quatre enfants, et fait dix-neuf blessés. La diplomatie russe a fermement condamné ces "crimes inhumains".
En réponse, les attaques russes ont également engendré de nouvelles victimes. Dans la ville de Soumy, au nord-est de l'Ukraine, une frappe de drone sur un site postal a coûté la vie à trois chauffeurs. Deux autres civils ont péri dans des frappes russes dans le sud du pays. Côté russe, les autorités locales ont rapporté deux décès dans la région frontalière de Belgorod et un autre dans la zone occupée de Kherson. Ces chiffres s'ajoutent à un contexte plus large où l'ONU a récemment souligné une augmentation de 37% des pertes civiles au cours du premier semestre de l'année.
C'est dans ce climat tendu que le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a interpellé son homologue russe Vladimir Poutine. Lors d'une rencontre télévisée à Omsk, en marge d'un forum de coopération, l'allié de Moscou a insisté sur la nécessité "d'arrêter" et de "geler" le conflit en Ukraine. Tokaïev, qui n'a jamais exprimé son soutien à l'invasion, a qualifié les "racines" de cette guerre de "peu compréhensibles pour beaucoup", y compris pour son pays. Vladimir Poutine a brièvement répondu qu'il fournirait des "détails" sur la situation.
Cette intervention diplomatique, rare par sa nature publique, met en lumière la pression croissante, même de la part de partenaires traditionnels de la Russie, pour une résolution du conflit. Alors que les hostilités s'intensifient et s'étendent géographiquement, le coût humain continue de s'alourdir, renforçant les appels à une désescalade urgente.
