La République islamique d'Iran a procédé à l'exécution publique de deux jeunes hommes à Ispahan à l'aube du 28 juillet, un acte qui a paradoxalement déclenché de nouvelles manifestations hostiles au régime. Loin de dissuader la population, cette mesure punitive a ravivé la colère populaire, entraînant des affrontements avec les forces de l'ordre sur la place même de la pendaison.
Abolfazl Sepahi, âgé de 23 ans, et Amir Safari, 28 ans, ont été pendus devant une foule rassemblée sur la place Alikhani, au centre de l'Iran. Ils figuraient parmi une douzaine de personnes condamnées à mort pour l'assassinat de quatre policiers, un événement survenu lors des vastes manifestations anti-régime qui avaient secoué Ispahan en janvier 2026. Les autorités iraniennes avaient méticuleusement préparé ces pendaisons la veille, érigeant une estrade et une grue visible de tous, le lieu ayant été spécifiquement choisi car c'est là que les policiers auraient été tués. Ces exécutions publiques de nature politique demeurent rares en Iran, la dernière remontant à 2022.
Cependant, l'effet recherché par le régime, celui de la dissuasion, ne s'est pas produit. Au lieu d'une soumission silencieuse, la foule présente à l'aube a rapidement commencé à scander des slogans hostiles à la police. Cette réaction inattendue a contraint les unités antiémeutes à intervenir pour disperser les manifestants. Des témoins oculaires ont rapporté l'usage de tasers, de gaz lacrymogène et de tirs de sommation, les forces de sécurité poursuivant les protestataires dans les rues adjacentes. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux viennent corroborer ces témoignages, montrant des citoyens s'enfuyant tout en criant leur désapprobation.
Au-delà de la place Alikhani, ces exécutions ont suscité une vague d'indignation plus large. En ligne, une pétition contre la peine de mort a recueilli près de 500 000 signatures sur Instagram en l'espace d'une seule journée, illustrant la force du sentiment anti-peine capitale dans le pays. De plus, des détenus ont mené des actions de protestation pacifiques, notamment un sit-in et une grève de la faim, dans la prison de Ghezel Hesar, près de Téhéran, dans le cadre de la campagne « Non aux exécutions ». Ces initiatives démontrent une opposition persistante au châtiment suprême, malgré les risques encourus par les participants.
Si les pendaisons publiques à caractère politique sont des événements peu fréquents en Iran — un décompte indépendant faisant état de 88 exécutions publiques entre 2011 et 2023, toutes causes confondues — le pays reste l'un des plus grands utilisateurs de la peine capitale au monde. Selon Amnesty International, au moins 2 159 personnes ont été exécutées en Iran en 2025. Ces récentes exécutions à Ispahan, loin d'apaiser les tensions, semblent avoir renforcé la détermination d'une partie de la population à contester les politiques répressives du gouvernement, transformant un acte destiné à intimider en un nouveau catalyseur de la résistance.
