Une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, prétendument liée à une récente attaque de drone contre des navires en Égypte, s'avère être une désinformation. Ces images, qui ont accumulé des millions de vues, ne montrent pas l'incident survenu dans le port de Damiette, mais un événement distinct et antérieur, confirmant la nécessité d'une vérification rigoureuse des sources d'information.
L'incident égyptien s'est déroulé le 29 juillet, lorsque le port méditerranéen de Damiette, un carrefour stratégique pour l'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l'Europe, a été le théâtre d'une attaque. Un drone non identifié a frappé l'Energos Winter, un navire de stockage de gaz lié à des intérêts américains, avant que les flammes ne se propagent au GasLog Salem, un méthanier grec. Les autorités égyptiennes ont confirmé le lendemain qu'une attaque de drone était à l'origine de l'incendie, qui a été maîtrisé sans faire de victimes, bien que des vidéos des conséquences aient montré une épaisse fumée s'élevant du terminal GNL.
Cependant, la vidéo virale qui a circulé sur des plateformes telles qu'Instagram, X et Telegram, dépeignant le moment où un drone percute la passerelle d'un navire, n'a aucun lien avec Damiette. Des investigations menées par France 24 ont établi que ces images ont en réalité été filmées cinq jours avant l'attaque en Égypte, soit le 24 juillet. Elles documentent l'impact d'un drone ukrainien sur le vraquier russe New Victory en mer Noire. La confusion a pu être alimentée par la présence d'un marin s'exprimant en arabe dans la vidéo, mais une comparaison minutieuse avec des photographies de suivi maritime a confirmé l'identité du navire comme étant le New Victory.
Cette attaque en Égypte s'inscrit dans un contexte régional de tensions accrues, marqué par une confrontation entre, d'une part, l'Iran et les Houthis du Yémen, et d'autre part, les États-Unis et Israël. Ce climat conflictuel a déjà fortement perturbé les routes maritimes vitales, notamment le détroit d'Ormuz et celui de Bab el-Mandeb. Depuis le début de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran en février, Téhéran a menacé de bloquer Ormuz, tandis que les Houthis ont instauré un blocus des navires saoudiens en mer Rouge.
Bien qu'aucune entité n'ait revendiqué la responsabilité de l'attaque de Damiette, plusieurs médias internationaux, dont The New York Times, ont rapporté des allégations d'une possible implication iranienne. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a catégoriquement rejeté ces accusations, les qualifiant d'« opérations sous faux drapeau » menées par Israël dans le but de déstabiliser la région. Cet incident souligne la complexité et la volatilité des dynamiques géopolitiques actuelles, où la désinformation peut rapidement s'immiscer dans la couverture des événements réels.