La capitale ukrainienne a été la cible d'une attaque meurtrière de missiles balistiques russes dans la nuit de vendredi à samedi, provoquant la mort de neuf personnes et en blessant vingt-trois autres, selon un bilan réactualisé par les services de secours ukrainiens samedi matin. Cette nouvelle offensive a semé la destruction et la terreur au sein de la population civile de Kiev.
Le bilan humain, initialement inférieur, a été revu à la hausse au fil des opérations de sauvetage. Les frappes ont touché au moins cinq arrondissements de la ville, laissant derrière elles des incendies et des dégâts matériels considérables. Dans le quartier de Solomiansky, un immeuble résidentiel de cinq étages a été partiellement détruit et ravagé par les flammes, entraînant la mort de deux individus. Dans celui de Darnytsky, où sept victimes ont été recensées, les secours ont également signalé un incendie dans un bâtiment administratif.
Des habitants ont décrit des scènes de terreur et de chaos. Kateryna Kravchenko, une résidente de 75 ans, a témoigné avoir ressenti des secousses si intenses que son linoléum s'est soulevé, juste après le déclenchement des alarmes. Une autre habitante, Oksana, a évoqué des "explosions vraiment terrifiantes" suivies d'une "pluie de verre" alors que les gens sortaient de leurs habitations, les détonations se poursuivant. Du côté russe, le ministère de la Défense a affirmé que ses frappes "de haute précision" sur Kiev et sa région visaient des installations du complexe militaro-industriel et des centres logistiques en Ukraine.
Cette nouvelle attaque survient après une série de bombardements intenses qui ont frappé le pays. La nuit précédente, huit personnes avaient péri près de Kryvyï Rig, dont six membres d'une même famille, et deux autres à Kiev et Poltava. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait alors suggéré l'utilisation de missiles de fabrication nord-coréenne pour l'une de ces frappes. Dans ce contexte d'escalade, la question de la défense aérienne ukrainienne est plus que jamais prégnante. Vendredi, le président américain Donald Trump a en effet nuancé sa position concernant l'autorisation pour l'Ukraine de produire des systèmes de défense Patriot, des intercepteurs considérés comme essentiels pour neutraliser les missiles balistiques russes.
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a d'ailleurs souligné sur les réseaux sociaux "l'urgence" de systèmes supplémentaires de défense antiaérienne et antimissile, insistant sur la "rapidité des décisions et des livraisons" face à ces agressions. Ces événements rappellent cruellement le coût humain du conflit et l'importance cruciale des capacités de défense pour protéger les populations civiles face aux assauts répétés.
