L'ÉCHO DU MATIN
futur

Ce qu'il faut savoir sur l'utilisation par Doctolib de vos données personnelles

Ce qu'il faut savoir sur l'utilisation par Doctolib de vos données personnelles

Doctolib s'apprête à lancer un vaste programme de recherche scientifique axé sur l'intelligence artificielle, utilisant les données personnelles de ses utilisateurs. Prévu pour le 1er août 2026, ce projet vise à transformer les parcours de soins, mais soulève déjà de vives préoccupations au sein de plusieurs associations quant à la protection de ces informations particulièrement sensibles.

Ce laboratoire de recherche en "IA clinique", fruit d'une collaboration avec des institutions scientifiques de renom comme l'Inria, l'Inserm et l'Université Paris Cité (via l'équipe HeKA), s'engage sur des études de trois ans. L'objectif principal est de développer des outils prédictifs basés sur l'historique médical des patients. Ces innovations permettraient, par exemple, d'anticiper l'évolution de maladies diagnostiquées, d'ajuster les traitements, de recommander des examens pertinents, ou encore d'orienter vers des spécialistes. Des applications plus larges sont envisagées, incluant l'alerte en situation d'urgence, la détection précoce de risques de maladies comme le diabète, ou l'assistance aux professionnels de santé pour les pathologies rares en s'appuyant sur une multitude de cas similaires.

Pour mener à bien ces recherches, Doctolib utilisera les données démographiques et de santé des utilisateurs adultes et de leurs proches rattachés, à l'exception des enfants. Cela englobera un large éventail d'informations : antécédents médicaux, traitements en cours, diagnostics, résultats d'examens (imagerie, analyses sanguines) et ordonnances. L'entreprise insiste sur des mesures de sécurité rigoureuses : les données seront pseudonymisées, c'est-à-dire dissociées de l'identité des patients, chiffrées et conservées pour une durée maximale de cinq ans. Elles seront accessibles uniquement aux chercheurs, dans un environnement clos et sécurisé, hébergé en Europe par des partenaires de confiance. Doctolib affirme également respecter la méthodologie MR-004 de la CNIL, une approche déjà adoptée par des milliers de projets de recherche, notamment hospitaliers, et garantit que les données ne seront ni vendues, ni partagées à des fins commerciales, ni utilisées pour entraîner ses propres modèles d'IA à des fins lucratives.

Malgré ces garanties, le projet suscite l'inquiétude de plusieurs associations qui s'interrogent sur les risques inhérents à l'accès et à l'utilisation de données de santé aussi personnelles. La question de la capacité des utilisateurs à s'opposer à cette utilisation de leurs informations demeure un point central des débats. Ce programme de recherche illustre les défis éthiques et pratiques posés par l'intégration croissante de l'intelligence artificielle dans le domaine de la santé, où l'innovation doit constamment être mise en balance avec le respect de la vie privée et la sécurité des données individuelles.

Source originale : franceinfo.fr

← Lire L'Écho du Matin en entier