L'île de Cuba a été plongée une nouvelle fois dans l'obscurité ce lundi, subissant sa sixième panne d'électricité généralisée depuis le début de l'année. Cet incident, survenu dans la nuit de dimanche à lundi, fait suite à un précédent black-out dont le courant venait à peine d'être rétabli. Les autorités cubaines ont confirmé cette "déconnexion totale" du système électrique national, qui a affecté l'ensemble du territoire, y compris la capitale, La Havane.
La compagnie d'État Union Electrica (UNE) a rapidement informé de l'ampleur de la coupure, tandis que le ministère de l'Énergie et des Mines a précisé sur la plateforme X que l'incident s'était produit à 22h43, heure locale (2h43 GMT lundi). Tous les protocoles d'urgence ont été activés pour tenter de restaurer l'alimentation. Cette coupure marque la sixième de cette envergure depuis janvier, avec pas moins de trois épisodes recensés rien qu'en juillet, en moins de dix jours. Il s'agit également de la onzième panne d'envergure enregistrée depuis la fin de l'année 2024. Dans la capitale, les coupures ont récemment dépassé les trente heures consécutives, et peuvent s'étendre sur plusieurs jours dans les régions intérieures du pays, impactant gravement la vie des 9,4 millions d'habitants.
La situation énergétique de Cuba est précaire, exacerbée par une grave crise économique qui sévit depuis cinq ans. L'infrastructure électrique du pays est vétuste, reposant sur sept centrales thermoélectriques dont l'âge dépasse les quarante ans et dont l'état varie considérablement. Ces installations obsolètes peinent à répondre aux besoins, et la pénurie chronique de carburant aggrave la situation.
Cette pénurie de combustible s'est particulièrement intensifiée depuis janvier, date à laquelle Washington a imposé un blocus pétrolier à l'île. Cette mesure américaine complique grandement l'approvisionnement en carburant nécessaire au fonctionnement des centrales et des générateurs de secours, qui dépendent souvent du diesel importé. La Havane accuse directement Washington d'être responsable de cette crise énergétique, tandis que les États-Unis imputent la situation à une mauvaise gestion économique de l'île. Les relations entre les deux nations se sont d'ailleurs considérablement tendues depuis le début de l'année, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, un allié du gouvernement cubain. Depuis l'instauration du blocus pétrolier, les États-Unis n'ont autorisé l'arrivée que d'un seul pétrolier russe transportant cent mille tonnes de pétrole brut, en mars dernier.
Le président américain Donald Trump a qualifié l'île communiste, située à seulement 150 kilomètres des côtes de la Floride, de "menace extraordinaire" pour la sécurité nationale des États-Unis, allant jusqu'à évoquer la possibilité d'en "prendre le contrôle". Face à ces tensions géopolitiques et à une infrastructure défaillante, Cuba continue de faire face à des défis énergétiques majeurs, dont les conséquences pèsent lourdement sur sa population.