Le groupe La Poste étudie la possibilité de demander à ses employés de Gironde, dont l'activité a été interrompue par les récents mégafeux, de récupérer les heures de travail non effectuées. Cette mesure envisagée fait suite aux perturbations majeures causées par l'incendie de Saumos, qui a entraîné la fermeture de plusieurs installations postales et le blocage d'un volume considérable de courrier.
Le violent incendie, qui s'est déclaré le 22 juillet à Saumos, a eu des répercussions importantes sur la vie locale, forçant l'évacuation de plus de 220 000 personnes à son apogée. Dans ce contexte, la plateforme de distribution de Cestas, en Gironde, ainsi que plusieurs bureaux de poste du département, ont dû cesser leurs activités. Cette situation a conduit à l'accumulation de quelque 700 000 courriers en Nouvelle-Aquitaine, restés en souffrance durant la période de fermeture. Bien que les salariés concernés aient pu conserver leur rémunération pendant ces jours d'inactivité forcée, La Poste évoque désormais un cadre légal pour « garantir le maintien intégral de la rémunération des collaborateurs concernés », citant la possibilité de faire rattraper les heures perdues.
Selon des documents internes consultés par France Inter, et confirmé par La Poste, l'entreprise se penche sur une exception du Code du travail permettant, dans des circonstances exceptionnelles, la récupération des heures non travaillées. Cette perspective suscite un vif émoi parmi le personnel. François Daurel, agent de production et délégué syndical CGT au centre de tri de Cestas, qui a été fermé pendant une semaine, a exprimé un "sentiment d'injustice" et de "dégoût". Il craint que cette exigence s'applique à tous les salariés, y compris ceux qui étaient en congés ou en arrêt maladie au moment des faits, et que chacun se voie ainsi devoir des heures de travail.
Le délégué syndical a par ailleurs souligné la solidité financière de La Poste, estimant que le groupe devrait être en mesure de "banaliser quelques jours" pour les 300 à 400 salariés affectés dans les zones sinistrées. Les modalités de ce potentiel rattrapage prévoiraient une intégration des heures sur les emplois du temps, avec un maximum d'une heure supplémentaire par jour. À ce stade, aucun calendrier précis n'a été communiqué par la direction.
La décision finale concernant les modalités de récupération des heures non travaillées fera l'objet d'une consultation du comité social et économique (CSE) de Nouvelle-Aquitaine de l'entreprise, prévue dans le courant de la semaine prochaine. Cette démarche déterminera la voie à suivre pour La Poste face aux conséquences opérationnelles des incendies de cet été et aux attentes de ses employés.