Plusieurs figures politiques françaises alertent sur l'implication grandissante des plateformes numériques dans les campagnes d'ingérence étrangère, appelant à une riposte ferme des autorités européennes. Raphaël Glucksmann, eurodéputé et pressenti pour la prochaine élection présidentielle, ainsi que Marine Tondelier, candidate écologiste à la présidentielle, ont particulièrement mis en lumière les dangers posés par ces réseaux sociaux.
Raphaël Glucksmann, qui a lui-même été la cible récente d'une opération de désinformation orchestrée par un groupe pro-russe lié aux services secrets russes, a exhorté les décideurs français et européens à faire preuve de détermination. Lors d'une intervention sur RTL ce mercredi 5 août, il a souligné la nécessité de ne pas "avoir la main qui tremble" face aux tentatives de déstabilisation émanant, notamment, de la Russie. Au-delà des acteurs étatiques, l'eurodéputé insiste sur le fait que les géants du numérique, en particulier X et TikTok, doivent être contraints de respecter scrupuleusement les régulations européennes et subir des sanctions en cas de manquement. Il a explicitement appelé à une position inébranlable face à la direction de X et au Parti communiste chinois.
De son côté, Marine Tondelier a formulé des propositions encore plus radicales. Dans un entretien accordé à Libération le même jour, elle a suggéré qu'il était "nécessaire" d'envisager une menace d'interdiction pour des plateformes comme X durant les périodes électorales, une sanction qui devrait être appliquée préventivement en cas d'ingérences avérées. L'écologiste critique vivement l'algorithme de X, qu'elle qualifie de "pipé", y voyant une "ingérence beaucoup plus forte dans la vie démocratique" en raison de son impact constant et structurel sur la propagation de la désinformation. Elle dénonce également la propriété de cet outil par une entité basée aux États-Unis, dont l'idéologie, selon elle, viserait à assujettir l'Europe aux États-Unis.
Les deux personnalités convergent sur l'impératif d'imposer fermement le cadre légal européen, tel que le Digital Services Act (DSA), et de sanctionner les plateformes qui tardent à réagir face aux campagnes de désinformation, refusent de partager des informations cruciales ou de retirer des contenus problématiques. Si Marine Tondelier minimise le rôle de TikTok dans le débat politico-médiatique, contrairement à Raphaël Glucksmann, elle reconnaît néanmoins son influence significative auprès des jeunes et soulève des préoccupations importantes concernant la protection des données personnelles. Ces appels surviennent alors que d'autres figures politiques, comme Édouard Philippe en juillet et plus récemment Gabriel Attal, ont également rapporté avoir été ciblées par des ingérences russes.
Ces prises de position illustrent une inquiétude croissante au sein de la classe politique face à la vulnérabilité des processus démocratiques face aux manipulations étrangères, exacerbées par la puissance de diffusion des réseaux sociaux. Elles soulignent l'urgence d'une régulation plus stricte et d'une application rigoureuse des sanctions pour préserver l'intégrité du débat public et des scrutins à venir.