L'ÉCHO DU MATIN
Géopolitique

Au Yémen, au moins 58 morts dans des attaques de rebelles houthis

Au Yémen, au moins 58 morts dans des attaques de rebelles houthis

Des attaques menées par les rebelles houthis au Yémen ont causé la mort d'au moins 58 membres des forces gouvernementales jeudi, marquant l'incident le plus meurtrier depuis la trêve de 2022. Ce regain de violence intervient alors que les insurgés, soutenus par l'Iran, affirment avoir agi en réponse à un renforcement des troupes yéménites appuyées par l'Arabie saoudite. Ces événements soulignent la fragilité d'un cessez-le-feu qui avait apporté une période de calme relatif au pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Les frappes, effectuées par drones et missiles, ont ciblé un camp militaire stratégique dans la province centrale de Marib, ainsi que d'autres installations dans la province d'Hadramout, proche de la frontière saoudienne. Un responsable militaire a qualifié ces attaques de plus meurtrières depuis la cessation des hostilités il y a deux ans. Le porte-parole des Houthis, Yahya Saree, a revendiqué cette "opération d'envergure" contre les "concentrations de troupes ennemies", justifiant l'action par un "important renforcement militaire saoudien" et avertissant d'une préparation à toute escalade.

Parallèlement à ces assauts, onze civils ont été blessés jeudi soir dans le sud de l'Arabie saoudite, dans la région frontalière de Najran, suite à des bombardements attribués aux Houthis. Parmi les victimes figurent un enfant de quatre ans, ainsi que des ressortissants égyptiens, yéménites et pakistanais. La coalition menée par Riyad a fermement condamné ces "agressions terroristes" contre des cibles civiles, promettant de "prendre toutes les mesures de dissuasion nécessaires" pour protéger sa population, selon le général Turki al-Malki.

Le conflit yéménite a éclaté en 2014 lorsque les Houthis ont lancé une offensive depuis leur bastion de Saada, s'emparant de vastes territoires, dont la capitale Sanaa. En 2015, une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite est intervenue pour soutenir le gouvernement yéménite reconnu internationalement. Une trêve négociée par l'ONU avait tenu bon depuis 2022, mais les hostilités ont repris le mois dernier, notamment suite à une tentative d'atterrissage d'un avion iranien à Sanaa, défiant le contrôle saoudien et s'inscrivant dans un contexte de rivalité accrue entre les États-Unis et l'Iran.

Ces récentes attaques signalent une détérioration alarmante de la situation sécuritaire et humanitaire au Yémen. Alors que les menaces de riposte se multiplient de part et d'autre, la reprise des affrontements majeurs risque d'annihiler les efforts de paix et de plonger de nouveau la région dans une violence destructrice, ravivant les craintes d'une escalade généralisée.

Source originale : france24.com

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