L'Ukraine est confrontée à une situation critique concernant sa défense aérienne, particulièrement face aux missiles balistiques russes, après avoir été incapable de neutraliser les récentes frappes. Cette vulnérabilité met en lumière un besoin urgent de systèmes sophistiqués, notamment les Patriot américains, dont la disponibilité reste une source majeure d'inquiétude pour Kyiv.
Dans la nuit de mardi à mercredi, la capitale ukrainienne et sa région ont été la cible de vingt-quatre missiles balistiques russes. Aucun de ces projectiles n'a pu être intercepté, entraînant la mort d'au moins dix-sept personnes et faisant quarante-quatre blessés. Les forces russes ont poursuivi leurs attaques dans la nuit de mercredi à jeudi, frappant les régions de Kharkiv et Soumy dans l'est du pays, où six autres personnes ont perdu la vie. Le président Volodymyr Zelensky a exprimé son désarroi, affirmant que des intercepteurs de missiles balistiques auraient pu sauver les vies perdues.
L'analyste militaire Guillaume Ancel souligne la gravité de la situation. Selon lui, les missiles balistiques utilisés par la Russie suivent des trajectoires très élevées et atteignent des vitesses hypersoniques lors de leur impact, ce qui les rend extrêmement difficiles à intercepter. Hormis les systèmes Patriot (MIM-104) américains, peu d'autres technologies sont capables de les neutraliser efficacement. Contrairement aux drones, une technologie que l'industrie de défense ukrainienne maîtrise bien, la défense antibalistique représente un défi technique majeur.
La Russie a d'ailleurs intensifié son recours à ces armements. Alors qu'un total de deux cents à trois cents tirs était estimé pour l'ensemble de l'année en cours, environ cent vingt-six ont été enregistrés pour le seul mois de juillet. Kyiv avait alerté depuis plusieurs mois sur l'épuisement de ses munitions adaptées à l'interception de ces missiles, une pénurie devenue effective depuis la fin juillet.
La question de l'approvisionnement en Patriot a été au cœur de discussions récentes. En marge du sommet de l'OTAN à Ankara, le 8 juillet, l'ancien président américain Donald Trump avait promis à Volodymyr Zelensky une licence pour la fabrication de ces missiles sur le sol ukrainien. Cependant, cette promesse a été retirée le 31 juillet à Camp David. Guillaume Ancel explique que cette volte-face s'explique par le fait que Donald Trump n'avait pas consulté le fabricant des Patriot avant de s'engager, rendant son annonce irréalisable. Cette rétractation laisse l'Ukraine dans une position encore plus précaire, sans perspective immédiate d'acquérir ou de produire les défenses cruciales dont elle a désespérément besoin.