La province de Marib, riche en ressources pétrolières au Yémen, a été le théâtre de nouvelles attaques meurtrières menées par les rebelles houthis vendredi, ravivant les craintes d'une escalade majeure du conflit dans ce pays déjà fragilisé. Ces violences surviennent au lendemain d'une offensive encore plus dévastatrice, marquant la fin d'une trêve fragile et plongeant la région dans une incertitude accrue quant à son avenir.
Selon des sources militaires, les combats de vendredi ont coûté la vie à au moins huit membres des forces gouvernementales et blessé douze autres dans un secteur au sud de Marib. Les assaillants ont utilisé une dizaine de missiles et sept drones suicides, ciblant des camps militaires dans ce qui semble être une tentative d'offensive sur la ville même de Marib, un bastion stratégique contrôlé par le gouvernement et abritant d'importantes installations pétrolières. Parallèlement, deux civils ont également péri dans une attaque distincte survenue dans la même province.
Ces événements font suite à une journée de jeudi particulièrement sanglante, où au moins 58 soldats avaient été tués par des tirs de missiles et de drones, notamment dans la région de Marib et celle d'Hadramout, près de la frontière saoudienne. Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué ces actions, affirmant agir en réponse à un renforcement des troupes yéménites appuyées par l'Arabie saoudite. Le porte-parole militaire houthi, Yahya Saree, a ainsi dénoncé la mobilisation continue des forces saoudiennes et leur volonté d'escalade.
Les attaques ne se sont pas limitées au territoire yéménite. Jeudi soir, les houthis ont également frappé l'Arabie saoudite, blessant onze personnes, selon la coalition militaire dirigée par Riyad. Cette coalition, intervenue en 2015 pour soutenir le gouvernement yéménite face aux rebelles, a averti qu'elle ne resterait pas "les bras croisés", qualifiant Marib de "ligne rouge" et affirmant qu'elle ne permettrait pas une modification de l'équilibre des forces sur le terrain, sans pour autant chercher l'escalade.
Cette recrudescence des hostilités marque la fin de la trêve conclue en 2022, qui avait offert un répit relatif au Yémen, le pays le plus pauvre de la péninsule arabique. La reprise du conflit, débuté en 2014, s'inscrit dans un contexte régional tendu, exacerbé par les tensions entre les États-Unis et l'Iran. Les houthis ont d'ailleurs étendu leurs actions en mer Rouge et dans le golfe d'Aden cette semaine, ciblant des pétroliers dans le cadre d'un blocus déclaré en juillet contre la flotte saoudienne, après avoir déjà visé des infrastructures pétrolières saoudiennes. L'Arabie saoudite a riposté en bombardant des positions rebelles, signalant une spirale de violence dont l'issue demeure incertaine.
