L'ÉCHO DU MATIN
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Le "zoo humain" d'Anvers : la Belgique fait face à la déshumanisation coloniale

Le "zoo humain" d'Anvers : la Belgique fait face à la déshumanisation coloniale

Plus d'un siècle après l'un des épisodes les plus sombres de son histoire coloniale, la ville d'Anvers a récemment franchi une étape significative dans la reconnaissance de son passé. L'inauguration d'un monument dédié aux victimes du "zoo humain" de 1894 marque un moment crucial pour la Belgique, confrontée à la mémoire de la déshumanisation coloniale.

En 1894, dans le cadre de l'Exposition universelle organisée à Anvers, la Belgique a orchestré une exposition des plus controversées. Cent quarante-quatre individus congolais furent alors transportés par bateau vers la métropole, non pas comme visiteurs, mais pour être exhibés au sein du pavillon dédié au Congo. Cette pratique, connue sous le nom de "zoo humain", a conduit à une tragédie : sept de ces personnes ont succombé à des maladies, loin de leur terre natale et dans des conditions d'une extrême indignité.

Cet événement, profondément ancré dans la mémoire collective, continue de peser lourdement sur la conscience belge. Il constitue l'une des pages les plus sombres et les plus douloureuses de l'histoire coloniale du pays, symbolisant la déshumanisation systémique des peuples colonisés et les souffrances infligées au nom d'une prétendue supériorité.

Cependant, en mai dernier, la municipalité d'Anvers a pris la décision d'affronter directement ce passé difficile. Répondant aux demandes persistantes de la communauté congolaise, un monument commémoratif a été officiellement inauguré. Érigé dans un cimetière situé en périphérie de la ville, cet hommage est destiné à perpétuer le souvenir des victimes et à reconnaître la gravité des faits passés.

Cette initiative représente une démarche essentielle pour la riche cité portuaire d'Anvers, qui a largement bénéficié de la période coloniale. En choisissant d'honorer les victimes de cette exposition dégradante, la ville ne fait pas que reconnaître une injustice historique ; elle s'engage également dans un processus de mémoire et de réconciliation, espérant ainsi faire face aux "démons" de son passé et contribuer à une meilleure compréhension de son héritage colonial.

Source originale : france24.com

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