Dans un rapprochement inattendu qui fait déjà parler, l'acteur hollywoodien Leonardo DiCaprio et le magnat de la technologie Jeff Bezos ont uni leurs forces pour lancer une initiative de grande envergure destinée à la sauvegarde d'espèces animales menacées. Le mardi 4 août, ils ont annoncé la création du "Phoenix Species Project", un fonds doté de 200 millions de dollars, soit plus de 173 millions d'euros, dédié à la protection de la biodiversité mondiale.
Ce nouveau fonds est le fruit d'une collaboration entre Re:wild, la fondation environnementale établie par Leonardo DiCaprio en 2021, et le Bezos Earth Fund, lancé en 2020 par Jeff Bezos et son épouse, Lauren Sanchez. Son objectif est d'apporter un soutien financier crucial pour aider à préserver une centaine d'espèces animales au bord de l'extinction. Le projet prévoit de travailler en étroite collaboration avec les communautés autochtones, les populations locales, les scientifiques et les spécialistes de la conservation, reconnaissant leur rôle essentiel dans la protection de la nature. Parmi les espèces ciblées figurent des créatures emblématiques comme l'iguane rose, le rhinocéros de Java, le pangolin malais, la crevette cardinale de Sulawesi et la tortue crêpe.
Cette initiative est présentée comme la plus importante philanthropique entièrement dédiée à la sauvegarde d'espèces classées comme étant en danger critique d'extinction, voire déjà disparues à l'état sauvage. Elle sera menée en partenariat avec la commission de sauvegarde des espèces de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l'organisme mondial de référence pour l'évaluation du statut de conservation des espèces. Leonardo DiCaprio a souligné dans un communiqué que ce projet a le potentiel de "transformer radicalement notre approche de la conservation", insistant sur le fait que les espèces les plus vulnérables sont souvent celles qui soutiennent les écosystèmes les plus vitaux de la planète.
L'engagement de Leonardo DiCaprio dans cette cause s'inscrit dans la continuité de son militantisme environnemental. Messager des Nations Unies pour le changement climatique, il dénonce depuis de nombreuses années les conséquences de la crise climatique et l'inertie des gouvernements, que ce soit à travers ses rôles au cinéma, comme dans le film "Don't Look Up", ou par ses prises de position publiques.
En revanche, la participation de Jeff Bezos, fondateur d'Amazon et de Blue Origin, surprend davantage. L'homme d'affaires a en effet été critiqué par le passé, notamment par l'ONG Les Amis de la Terre, qui l'a accusé d'écoblanchiment. Ces reproches ciblaient des initiatives "pseudo-vertes" qui, selon ses détracteurs, masquaient le modèle économique de son entreprise, jugé préjudiciable au climat. Néanmoins, ce duo aux profils contrastés s'unit désormais pour une cause commune de préservation de la vie sur Terre.
Ce financement conséquent marque une étape significative dans la lutte contre la perte de biodiversité. Il met en lumière l'urgence d'agir face à la sixième extinction de masse et souligne l'importance des partenariats diversifiés pour relever les défis environnementaux mondiaux. Le Phoenix Species Project incarne ainsi un espoir concret pour des centaines d'espèces menacées, grâce à une mobilisation financière sans précédent.