Des troupes israéliennes se sont introduites dans la nuit de vendredi à samedi dans le village de Zawtar al-Gharbiya, situé dans le sud du Liban, où elles ont mis en place un remblai de terre. Cet incident survient alors que cette localité était récemment passée sous le contrôle de l'armée libanaise, s'inscrivant dans le cadre d'un accord-cadre délicat entre les deux pays. L'information a été rapportée par les médias d'État libanais et confirmée par le maire de la localité, tandis que l'armée israélienne a déclaré n'avoir "pas connaissance d'un tel incident dans cette zone".
Selon l'Agence nationale de l'information (Ani), le média officiel libanais, une force de l'armée d'occupation israélienne a progressé à Zawtar al-Gharbiya peu après minuit, érigeant ce nouveau remblai près de la place du village. Un correspondant de l'AFP a pu constater la présence de cet ouvrage, qui bloque désormais une route à l'entrée est de la localité. Pour une source militaire libanaise, cette action constitue une "violation" de l'accord en vigueur. Le maire, Abed Ezzeddine, a par ailleurs indiqué qu'une cinquantaine de familles revenues dans le village depuis fin juillet avaient été "surprises" par cette découverte samedi matin.
Zawtar al-Gharbiya est désignée comme une "zone pilote" cruciale dans l'accord-cadre conclu fin juin entre le Liban et Israël, sous l'égide des États-Unis. Ce pacte prévoit un déploiement progressif de l'armée libanaise et un retrait israélien échelonné du sud du Liban, une région partiellement occupée par Israël depuis que le Hezbollah pro-iranien a relancé les hostilités en mars, en soutien à Téhéran. Le retrait israélien est toutefois conditionné au désarmement du mouvement islamiste, qui n'est pas partie prenante aux discussions et refuse cette exigence.
L'incident intervient alors que le Liban et Israël ont achevé jeudi leur septième cycle de négociations. Des sources au sein de la présidence libanaise ont révélé que la partie israélienne avait refusé d'aborder de nouvelles zones de retrait, insistant d'abord sur la vérification du contrôle effectif des "zones pilotes" par l'armée libanaise. Un responsable israélien a confirmé cette position, affirmant que l'extension du processus de désengagement n'était "pas automatique" et dépendrait des résultats observés sur le terrain.
Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis juin, la situation dans le sud du Liban reste précaire. Israël continue de mener des frappes ponctuelles et des démolitions de bâtiments. L'agence Ani a d'ailleurs signalé plusieurs frappes survenues samedi, illustrant la tension persistante qui règne dans la région et la fragilité des accords en place.