Israël a officiellement rejeté un plan de paix américain pour la bande de Gaza, pourtant accepté par le mouvement islamiste Hamas. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réaffirmé dimanche son opposition ferme à cette proposition en quinze points, alors même que l'armée israélienne a, de fait, suspendu ses opérations offensives dans le territoire palestinien. Cette décision intervient dans un contexte électoral délicat pour le dirigeant israélien.
Lors d'une réunion de cabinet, Benjamin Netanyahu a déclaré sans équivoque qu'Israël ne tolérerait aucun retrait de ses troupes tant que le Hamas ne serait pas "véritablement désarmé". Cette condition sine qua non, déjà exprimée par le Premier ministre ces derniers jours, met en lumière les réticences israéliennes face à un texte censé marquer la deuxième étape d'un plan de paix régional. Bien qu'il ait qualifié le président américain Donald Trump de "plus grand ami d'Israël à la Maison Blanche", Netanyahu a également insisté sur la capacité de son pays à défendre ses positions, même lorsqu'elles divergent de celles de son allié.
Cette prise de position est fortement influencée par la politique intérieure israélienne. À l'approche des législatives du 27 octobre, les premières depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, Benjamin Netanyahu est au coude-à-coude dans les sondages. Le plan américain est largement impopulaire auprès de sa base électorale de droite, et ses alliés d'extrême droite l'ont vivement encouragé à le rejeter. Pour Nikolaï Mladenov, haut représentant du "Conseil de paix" de Donald Trump à Gaza, le plan représente pourtant "la seule voie à suivre" pour prévenir de futures violences similaires à celles d'octobre 2023, comme il l'a indiqué à la chaîne israélienne 12.
De son côté, le Hamas, qui avait accepté le document en quinze points présenté fin juillet par le "Conseil de Paix" de Donald Trump, a réitéré sa volonté de le mettre en œuvre. Bassem Naïm, membre du bureau politique du mouvement islamiste, a appelé les États-Unis à faire pression sur le gouvernement israélien pour qu'il respecte la feuille de route et n'entrave pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale. Le plan lierait le désarmement du Hamas à un retrait progressif des forces israéliennes. Les relations entre Netanyahu et Trump avaient déjà connu des tensions en avril, notamment lors de négociations sur un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, où le président américain avait reproché à Israël d'entraver les efforts diplomatiques.
Ce rejet met en évidence la complexité des négociations de paix dans la région, où les impératifs de sécurité nationale se heurtent aux réalités politiques intérieures. Alors que les élections approchent en Israël, la décision de Benjamin Netanyahu semble prioriser la consolidation de son soutien électoral, laissant incertain l'avenir d'un processus de paix déjà fragile.
