L'ÉCHO DU MATIN
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Meta : face à la Chine, Mark Zuckerberg mise sur l'IA en libre accès

Le géant technologique Meta a relancé ce lundi ses modèles d'intelligence artificielle en accès libre, une stratégie que son PDG, Mark Zuckerberg, défend comme le meilleur rempart contre les dangers inhérents à cette technologie. Cette initiative marque une prise de position forte face à la domination chinoise dans ce secteur et s'inscrit en rupture avec l'approche plus restrictive prônée par ses rivaux américains, tels qu'OpenAI et Anthropic.

Dans un manifeste détaillé de quelque 6 500 mots, le dirigeant de Facebook, Instagram et WhatsApp a exposé sa vision, plaidant indirectement contre les entreprises qui maintiennent leurs modèles d'IA les plus puissants sous un contrôle exclusif. Il s'oppose également aux régulateurs, notamment américains et européens, qui cherchent à encadrer strictement le développement de l'IA. Pour Mark Zuckerberg, l'idée qu'une "superintelligence unique et bienveillante" puisse exister est "fondamentalement erronée", car aucune entité ne pourrait satisfaire simultanément les valeurs contradictoires de milliards d'individus. Il considère donc que garder ces modèles sous clé représente le "scénario le plus dangereux", indépendamment des justifications avancées au nom de la responsabilité ou de la sécurité.

Cette réorientation vers l'ouverture intervient alors que Meta, bien qu'ayant été un pionnier de l'approche ouverte avec ses modèles Llama, avait temporairement délaissé cette voie après des résultats mitigés. Le groupe investit cette année jusqu'à 145 milliards de dollars dans ses infrastructures d'IA et milite activement contre toute réglementation susceptible de freiner son développement. Ce moment est d'autant plus délicat pour Meta que l'entreprise, dont la quasi-totalité des revenus provient de la publicité auprès de ses 3,6 milliards d'utilisateurs, cherche à regagner la confiance du public. Elle a été condamnée à deux reprises cette année pour les effets nocifs de ses plateformes sur les jeunes et fait face, dès mercredi à Oakland, à un procès intenté par quatre États américains l'accusant de rendre Instagram et Facebook addictifs pour les mineurs.

Conscient des risques de détournement de l'IA pour des cyberattaques ou la création d'armes biologiques, le fondateur de Facebook propose une supervision volontaire. Il suggère que les concepteurs accordent au gouvernement américain un accès anticipé à leurs modèles pendant leur phase d'entraînement. En contrepartie, il estime qu'aucune règle ne devrait retarder la sortie des modèles américains, "ne serait-ce que d'un mois", afin de ne pas céder de terrain à la Chine. Cette proposition s'éloigne clairement de la loi européenne sur l'IA ("AI Act"), entrée en vigueur le 2 août, qui impose un droit de regard aux régulateurs et leur donne le pouvoir de restreindre le déploiement de modèles jugés à risque. Dans cette lignée, Meta a notamment mis en ligne Muse Glimmer, un modèle suffisamment léger pour fonctionner sur un ordinateur personnel.

En définitive, Meta affirme sa stratégie de l'IA en libre accès comme une doctrine essentielle pour son avenir et pour le développement sécurisé de l'intelligence artificielle, tout en naviguant dans un contexte de défis réglementaires et de confiance publique.

Source originale : france24.com

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