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Meurtre de Tupac Shakur : ouverture du procès d'un ex-chef de gang à Las Vegas

Meurtre de Tupac Shakur : ouverture du procès d'un ex-chef de gang à Las Vegas

Las Vegas s'est de nouveau placée sous le feu des projecteurs judiciaires avec l'ouverture, lundi, du procès de Duane « Keffe D » Davis, trente ans après le meurtre non élucidé du célèbre rappeur Tupac Shakur. L'ancien leader du gang des South Side Compton Crips est accusé d'avoir orchestré l'assassinat de l'icône du rap californien, un événement qui a marqué l'histoire de la musique et demeure l'un des "cold cases" les plus emblématiques des États-Unis. Ce procès, attendu depuis des décennies, devrait durer environ un mois.

L'accusation entend démontrer que Duane Davis, alors à la tête des South Side Compton Crips, a commandité le meurtre et fourni l'arme utilisée dans la nuit fatale du 7 septembre 1996. Tupac Shakur, alors âgé de 25 ans, se trouvait à Las Vegas pour assister à un combat de boxe de Mike Tyson lorsqu'il a été abattu. Si les débats promettent de faire la lumière sur l'implication de Davis, les observateurs estiment qu'ils ne révèleront probablement pas l'identité de la personne qui a effectivement tiré, tous les autres passagers du véhicule d'où sont partis les coups étant décédés depuis.

Le meurtre de "2Pac" s'inscrit au cœur de la féroce rivalité entre les scènes rap de la côte ouest et de la côte est des États-Unis. Cette période était caractérisée par des guerres d'ego intenses entre le label Death Row Records, fondé par Marion « Suge » Knight et dont Tupac était une figure majeure, et Bad Boy Records, créé sur la côte Est par Sean « P. Diddy » Combs, où officiait un autre rappeur star, Christopher « The Notorious B.I.G. » Wallace, lui-même assassiné six mois après Shakur. L'accusation soutient que Death Row Records bénéficiait de la protection du gang Mob Piru, dont Suge Knight était membre, tandis que Bad Boy Records avait engagé l'organisation rivale des South Side Compton Crips, dirigée par Duane Davis, pour sa sécurité.

L'enquête sur la mort de Tupac a piétiné pendant des décennies, faute de preuves tangibles. Un tournant décisif est survenu en 2019 avec la publication des mémoires de Duane Davis. Dans cet ouvrage, il y raconte avoir été à l'avant de la Cadillac blanche d'où les balles fatales ont été tirées. Il admet également avoir fait passer un pistolet vers la banquette arrière du véhicule, sans jamais nommer le tireur. Ces révélations ont permis de relancer l'affaire et de mener à son inculpation.

La première des quatre semaines d'audience sera entièrement dédiée à la sélection des jurés. Ce procès représente une occasion unique de replonger dans l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire du hip-hop, offrant peut-être, près de trois décennies plus tard, une forme de résolution à une énigme qui a longtemps hanté les fans et le monde de la musique.

Source originale : fr.hespress.com

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