Les côtes omanaises sont désormais touchées par une marée noire d'ampleur, issue des fuites d'un pétrolier échoué dont l'identité est liée à la "flotte fantôme" russe. Cette catastrophe environnementale menace directement une réserve naturelle maritime protégée, suscitant l'inquiétude des autorités et des organisations écologiques face à l'étendue de la pollution.
L'autorité environnementale du Sultanat d'Oman a officiellement annoncé, ce mercredi 12 août, que les analyses confirmaient la présence de pétrole sur plusieurs plages de la région de Ras Madrakah. La nappe pourrait potentiellement s'étendre sur près de 40 kilomètres de côtes dans cette zone, et jusqu'à 20 kilomètres sur les plages sud de l'île de Masirah. Les habitants et les professionnels de la pêche ont été invités à la plus grande vigilance par les autorités.
Les opérations de confinement et de nettoyage sont considérablement entravées par des conditions météorologiques difficiles, notamment la mousson, qui rend l'accès au navire complexe et retarde les interventions. Le pétrolier en cause, le Caroline Bezengi, soupçonné d'appartenir à la "flotte fantôme" de la Russie, s'est échoué fin juin près de l'archipel d'al-Hallaniyat, un véritable trésor de biodiversité en mer d'Arabie. La société de sécurité maritime Vanguard a révélé que l'immobilisation du navire faisait suite à trois explosions d'origine encore inconnue, survenues le 6 juin dernier.
Cette situation met en lumière les dangers que représente la "flotte fantôme" russe, composée de navires souvent vétustes et opérant en marge des réglementations internationales pour contourner les sanctions liées au conflit en Ukraine. L'archipel d'al-Hallaniyat, où le navire a échoué, est une zone cruciale pour la préservation d'écosystèmes fragiles et d'une faune marine rare, protégée par une réserve naturelle établie par Oman. Des organisations comme Greenpeace et l'ONG néerlandaise PAX avaient déjà alerté la semaine précédente sur le risque imminent d'une catastrophe environnementale régionale, appelant à une action d'urgence.
Alors que les autorités omanaises s'efforcent de gérer cette crise, la région est également confrontée à d'autres incidents. Un déversement de pétrole distinct, survenu le 3 août et lié à l'attaque du vraquier Minoan Pioneer dans les eaux omanaises, a récemment atteint les îles iraniennes de Qeshm et Hengam, polluant des plages et des mangroves. Ces événements successifs soulignent la vulnérabilité des écosystèmes marins du Moyen-Orient face aux risques liés au transport maritime et aux tensions géopolitiques.
