L'ÉCHO DU MATIN
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"Ils sont là, prêts à intervenir" : aux Etats-Unis, des drones pour protéger les écoles et universités des fusillades

Face à la recrudescence des violences armées qui endeuillent régulièrement les établissements scolaires américains, une nouvelle approche technologique est en cours d'expérimentation pour renforcer la sécurité. Des drones, conçus pour désorienter et immobiliser les tireurs, sont actuellement déployés dans plusieurs écoles et universités aux États-Unis, notamment en Géorgie, où trois fusillades ont déjà eu lieu depuis le début de l'année.

Ces engins, baptisés "Les anges gardiens du campus", sont stockés dans des casiers sécurisés au sein des établissements. Leur conception permet une intervention rapide, en quelques secondes, pour neutraliser temporairement une menace avant l'arrivée des forces de l'ordre. Capables d'atteindre une vitesse de plus de 80 km/h, ils sont équipés pour asperger de gaz lacrymogène et diffuser des sons stridents, visant à désorienter l'assaillant sans lui infliger de blessures mortelles. Le déploiement est activé par les enseignants via une application mobile, tandis qu'un opérateur situé au siège de l'entreprise, au Texas, prend le contrôle à distance.

L'initiative, cofondée par un ancien militaire inspiré par l'utilisation des drones sur le front ukrainien, met l'accent sur la rapidité d'intervention. Selon Sam Shirley, un responsable de l'entreprise, l'objectif est une vérification de la situation en cinq secondes, un engagement de la menace en quinze secondes et une neutralisation en soixante secondes. Les démonstrations ont suscité un vif enthousiasme parmi les éducateurs. Un enseignant a notamment salué leur capacité "incroyable" à se faufiler dans des espaces restreints et à transmettre des données, tandis qu'un autre a souligné un "temps de réponse phénoménal" capable de "sauver des vies à tous les niveaux". Taylor Worthington, en charge de la commercialisation, insiste sur la disponibilité constante de ces dispositifs, prêts à intervenir "uniquement en cas de besoin".

Cependant, cette solution technologique suscite également des interrogations. Si les drones ne sont pas conçus pour tuer, la perspective de leur utilisation soulève des craintes. À Atlanta, une mère d'élève, Gray, exprime sa principale inquiétude quant à un usage potentiellement erroné contre une personne innocente – élève, enseignant ou parent. Meg, étudiante dont l'université a été le théâtre d'une fusillade mortelle il y a un an, se montre également sceptique. Elle doute de l'efficacité à long terme de cette technologie, arguant que le véritable enjeu du pays reste le contrôle des armes à feu. Néanmoins, elle concède que cette option est "toujours mieux que de vouloir donner des armes aux enseignants".

Le marché de la sécurité scolaire, particulièrement lucratif, voit la Géorgie investir 550 000 dollars pour financer cette expérience. Cette somme illustre l'ampleur des moyens déployés pour tenter de contrer une problématique complexe, oscillant entre l'adoption de technologies de pointe et la persistance des débats sur les causes profondes de la violence armée.

Source originale : franceinfo.fr

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