L'ÉCHO DU MATIN
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Ces influenceuses des bonnes manières rencontrent du succès sur les réseaux sociaux

Le paysage numérique, souvent perçu comme un espace d'échanges informels et de tendances éphémères, assiste à un renouveau inattendu des codes de bienséance. Une nouvelle génération de créatrices de contenu, surnommées "influenceuses des bonnes manières", captive un public considérable sur des plateformes comme TikTok et Instagram en prodiguant des conseils de savoir-vivre. Loin d'être une simple curiosité de niche, ce phénomène rencontre un succès retentissant, démontrant que les règles traditionnelles de l'étiquette résonnent toujours fortement auprès des internautes contemporains.

Parmi ces figures emblématiques, Hélène Méillard se distingue, reconnaissable à son chapeau, devenu sa signature et le symbole de son engagement pour l'élégance comme art de vivre. En mêlant une esthétique raffinée à une touche d'autodérision, Hélène partage des préceptes pratiques, excellant notamment dans l'art de la table. Elle détaille avec précision comment dresser une table à la française : le tranchant du couteau tourné vers l'assiette, la fourchette piques sur la table, la serviette à gauche et les verres parfaitement alignés. Ce qui a débuté comme une promotion pour ses créations de bijoux fantaisie s'est transformé en une plateforme comptant plusieurs centaines de milliers d'abonnés, où elle transmet ce qu'elle considère comme un héritage culturel précieux. "C'est vrai que c'est un patrimoine", confie-t-elle, exprimant son désir de partager ce savoir, qu'elle développe également dans son ouvrage "Brillez ! par votre savoir-vivre".

Une autre personnalité marquante de cette mouvance est Carmel Assa Kibambo, âgée de 25 ans, qui a rassemblé un impressionnant deux millions d'abonnés. Son approche se concentre sur l'élégance et les bonnes manières dans le milieu professionnel. Elle réalise environ trois vidéos par semaine, souvent filmées dans des lieux prestigieux comme un hôtel parisien, où elle répond aux interrogations de sa communauté. Pour cette étudiante en droit, qui prépare actuellement l'examen du barreau, les codes de savoir-vivre inculqués par ses parents se sont avérés déterminants dans son parcours. Elle souligne l'importance des premières secondes d'une rencontre : "Peu importe ce que l'on fait dans la vie, on est jugé et les 7 premières secondes, lorsqu’on doit faire une impression à quelqu’un, on va d’abord regarder de quelle manière on se présente, de quelle manière on va s’exprimer", explique la créatrice de contenus et autrice de "Une splendide élégance". Bien qu'elle puisse vivre de ses vidéos et de partenariats avec des marques, elle privilégie pour l'instant la poursuite de ses études.

Cette déferlante de préceptes de bienséance sur les réseaux sociaux soulève des interrogations quant à leur pertinence actuelle. S'agit-il d'un charmant clin d'œil au passé ou d'un phénomène désuet à l'ère numérique ? L'opinion publique semble partagée. Certains passants interrogés y voient "juste du savoir-vivre, une bonne éducation", estimant cela tout à fait normal et pertinent. D'autres, en revanche, jugent la démarche "trop superficielle" et préfèrent une approche plus directe. Toutefois, le nombre considérable d'abonnés de ces influenceuses suggère un réel intérêt pour ces codes, peut-être perçus comme un moyen d'affirmation personnelle ou un retour à certaines valeurs dans un monde de plus en plus dématérialisé.

En définitive, le succès de ces influenceuses des bonnes manières met en lumière un paradoxe fascinant : des traditions ancestrales retrouvant une nouvelle vie et une popularité massive sur les plateformes de communication les plus modernes. Loin d'être relégué aux livres d'histoire, l'art de bien vivre, de se présenter avec élégance et de maîtriser les codes sociaux continue de captiver et d'orienter une part significative de la communauté en ligne, prouvant son attrait durable dans une société en constante évolution.

Source originale : franceinfo.fr

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