L'ÉCHO DU MATIN
Géopolitique

Sud-Liban : au moins onze morts dans des frappes israéliennes, le Hezbollah menace d'une "riposte"

Le sud du Liban a été le théâtre d'une escalade meurtrière ce samedi, alors que des frappes aériennes israéliennes ont coûté la vie à au moins onze personnes, parmi lesquelles des femmes et des enfants. Cet événement tragique a immédiatement provoqué une réaction virulente du Hezbollah, qui a promis une "riposte appropriée", faisant craindre une nouvelle détérioration de la situation dans la région.

Les attaques ont ciblé plusieurs localités, notamment Ansar et Deir Zahrani. À Ansar, sept individus ont péri, dont trois enfants et deux femmes, selon le ministère libanais de la Santé. L'armée israélienne a initialement déclaré avoir visé des infrastructures du Hezbollah, avant de préciser avoir neutralisé un commandant clé du mouvement chiite pro-iranien, Ali Samir Al-Haj Hassan, dans ce même village. Israël a affirmé que la famille du commandant n'était pas la cible intentionnelle de la frappe. Parallèlement, quatre autres victimes ont été recensées à Deir Zahrani, où dix-sept personnes ont également été blessées, soulignant l'ampleur des dégâts humains.

En réponse à ces événements sanglants, le Hezbollah a non seulement menacé Israël de représailles, mais a également exhorté le gouvernement libanais à suspendre les négociations en cours avec l'État hébreu, les qualifiant d'« humiliantes ». Le président libanais, Joseph Aoun, a vivement condamné la perte d'une « famille entière », y voyant un « message clair » quant à l'avenir de ces pourparlers, entamés en avril et dont un huitième cycle est prévu début septembre à Rome. Du côté israélien, le porte-parole du Premier ministre, Doron Spielman, a contre-argumenté que ces frappes devraient au contraire rendre les négociations « plus sérieuses ». Le bureau de Benjamin Netanyahu a par ailleurs accusé le Hezbollah de se servir des civils comme « boucliers humains ».

Ces opérations militaires marquent le bilan le plus lourd depuis les accords signés en juin avec Beyrouth. Elles s'inscrivent dans un contexte de tensions persistantes le long de la frontière. L'armée israélienne a justifié ses actions en affirmant avoir riposté à une attaque contre ses soldats dans ce qu'elle désigne comme sa « zone de sécurité », une bande frontalière qu'elle occupe dans le sud du Liban, accusant le Hezbollah d'une « violation dangereuse de l'accord ». Des journalistes sur place ont décrit des scènes de dévastation à Ansar et Deir Zahrani, avec des bâtiments réduits en ruines et des habitants sous le choc, témoignant d'une frappe survenue aux premières heures du matin. L'Agence nationale d'information libanaise (Ani) a également rapporté des bombardements et des tirs d'artillerie dans d'autres secteurs, notamment autour de la crête d'Ali al-Taher, et a noté la profondeur inédite de certaines frappes, comme celle près d'Ansar, depuis deux mois.

Alors que des files de véhicules chargés d'effets personnels ont été observées fuyant le sud vers Saïda, ces événements soulignent une dangereuse escalade des hostilités. Les récentes frappes, avec leur lourd bilan civil, menacent de compromettre davantage les fragiles efforts diplomatiques entre les deux nations, plongeant la région dans une incertitude accrue quant à la stabilité future.

Source originale : france24.com

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