L'ÉCHO DU MATIN
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À la frontière de Ceuta, des familles marocaines à la recherche de leurs enfants disparus

À la frontière de Ceuta, des familles marocaines à la recherche de leurs enfants disparus

À la frontière de Ceuta, l'angoisse est palpable. Plus de deux semaines après une vague migratoire massive vers l'enclave espagnole, de nombreuses familles marocaines campent toujours devant le poste-frontière de Tarajal, côté marocain, dans l'espoir désespéré d'obtenir des nouvelles de leurs proches disparus. Pères, mères et frères sillonnent inlassablement les hôpitaux, les commissariats et les zones frontalières, cherchant la moindre information sur le sort de leurs enfants ou de leurs frères partis fin juillet.

Cette crise a éclaté les 30 et 31 juillet, lorsque plus de 70 000 personnes ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta. Si la grande majorité d'entre elles ont depuis été rapatriées, entre 2 000 et 5 000 migrants seraient toujours présents dans l'enclave. Face à cette situation humanitaire tendue, l'Espagne a mis en place un bureau spécialisé pour les personnes disparues, tentant d'apporter une réponse aux nombreuses requêtes.

Le bilan humain de cet exode est lourd, s'élevant à 91 décès confirmés : 80 en Espagne et 11 côté marocain. Les autorités espagnoles ont repêché des dizaines de corps en mer, mais l'identification de ces victimes s'avère extrêmement difficile. Cette complexité administrative et technique plonge des centaines de familles dans une attente insoutenable, craignant le pire pour leurs disparus.

Au cœur de cette tragédie, le cimetière musulman de Sidi Mbarek à Ceuta fait face à un défi poignant. Saïd Mohammed Mohammed, son responsable, a confirmé qu'une autorisation judiciaire avait été délivrée pour procéder aux inhumations dès jeudi, malgré le fait que tous les corps n'aient pas été identifiés. Il a précisé que les plus de 80 dépouilles ne pourraient être enterrées en une seule journée faute de moyens. M. Mohammed a souligné que la responsabilité du cimetière se limitait à l'inhumation, non à la recherche des disparus, mais qu'un système est en place : chaque corps non identifié est associé à un numéro et un dossier judiciaire, permettant une identification future et un éventuel transfert des restes si une famille se manifeste ultérieurement.

La détresse se manifeste à travers des histoires individuelles, comme celle de Rahali, à Fnideq, ville marocaine voisine de Ceuta. Il a passé près d'une semaine à tenter de retrouver son fils, Zakaria. Ce dernier est parti de Tanger le 30 juillet, jour de la Fête du Trône, attiré par les rumeurs d'une frontière ouverte. Avec un ami, il a pris un taxi jusqu'à Tétouan, puis a marché vers la zone frontalière. Arrivés vers 1h du matin, ils ont trouvé le passage fermé, contredisant les bruits qui couraient.

L'incertitude plane toujours pour de nombreuses familles, prises entre l'espoir et la dure réalité des chiffres. La crise de Ceuta, au-delà des mouvements de population, laisse derrière elle un lourd tribut humain et une quête inachevée pour des centaines de parents.

Source originale : france24.com

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