Le gouvernement togolais a officiellement déclaré, samedi 22 août, que sa justice disposait d'« indices graves et concordants » concernant deux réalisateurs français et leur collaborateur local, détenus à Lomé depuis fin juillet. Cette prise de position marque la première communication de Lomé sur ce dossier qui suscite des interrogations, alors que la société de production des cinéastes nie tout acte répréhensible.
Selon un communiqué conjoint émanant des ministères togolais de la Justice et de la Sécurité, les éléments recueillis seraient de nature à justifier des poursuites pour « fausses déclarations ». Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur collègue togolais Fred Vedomey, avaient été interpellés le 27 juillet alors qu'ils tournaient un épisode de la série documentaire « Les routes de l'impossible » pour France Télévisions. Initialement assignés à résidence, les trois hommes ont ensuite été inculpés et placés en détention.
La société de production RSF, pour laquelle travaillent les réalisateurs, conteste fermement ces accusations. Son directeur général, Thibaut Bruttin, a affirmé samedi que les trois individus avaient « agi de manière transparente », en menant toutes les démarches nécessaires pour se conformer à la réglementation togolaise. Il a notamment souligné l'obtention d'une autorisation de tournage préalable, la déclaration du caractère professionnel de leur séjour et le signalement de leur matériel de tournage aux douanes. L'avocat des détenus a par ailleurs indiqué que ses clients ne reconnaissaient pas les faits qui leur sont reprochés.
Thibaut Bruttin a insisté sur le fait que « rien ne permet d'établir qu'ils auraient sciemment effectué de 'fausses déclarations' », appelant les autorités togolaises à leur « libération sans délai ». Cette affaire met en lumière les défis potentiels pour les professionnels des médias étrangers opérant dans la région. Le Togo, petit pays côtier d'Afrique de l'Ouest, est dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, qui a succédé à son père, Eyadéma, resté au pouvoir pendant 38 ans. Au classement annuel de la liberté de la presse établi par RSF, le pays se positionne à la 97e place sur 180.
La situation demeure donc tendue, avec d'un côté la fermeté des autorités togolaises et de l'autre, la défense qui clame l'innocence et la transparence des réalisateurs. L'évolution de ce dossier sera suivie de près, tant par les milieux diplomatiques que par les organisations de défense de la liberté de la presse.
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